vendredi, mai 3

La proposition est arrivée sur sa boîte mail, envoyée par son syndic, Oralia. « Copropriétaire, louez votre logement pendant les épreuves sportives », indiquait le courriel, posté début février, avec cet argument : « Générez des revenus complémentaires en toute sérénité pendant la période des Jeux de Paris grâce à notre partenariat exclusif ! » Claude (les prénoms ont été modifiés), retraitée, copropriétaire dans un immeuble du Quartier latin, dans le 5arrondissement de Paris, a aussitôt répondu « qu’il n’en était pas question ». « Notre syndic inonde les copropriétaires de cette proposition, et utilise des informations acquises dans son mandat pour développer une activité sans rapport, à nos dépens », s’insurge-t-elle.

Supposant que de nombreux propriétaires voudront profiter des Jeux olympiques (JO) pour louer leur logement sur des plates-formes, Oralia, propriété du groupe immobilier Nexity, a jugé « opportun de proposer aux copropriétaires de la résidence qui le souhaiteraient, un accompagnement dans la mise à disposition de leur logement », justifie l’e-mail.

Le partenariat en question, passé avec la conciergerie WeHost, elle-même partenaire de la plate-forme de location Airbnb, propose de « sécuriser » la location saisonnière, le temps des JO, en proposant de limiter « au maximum » les arrivées tardives (après 22 heures) des voyageurs, d’encadrer l’emplacement des boîtes à clés ainsi que de les retirer à la fin des Jeux, et de « procéder à un affichage en plusieurs langues dans les résidences ». En sus, une carte-cadeau de 50 euros sur Airbnb attend les copropriétaires.

Un procédé « culotté »

Il s’agit-là d’une « offre défensive », fait valoir Karine Olivier, directrice générale du pôle services aux particuliers de Nexity. « Plutôt que d’aller à la sauvette sur Airbnb, nous proposons une conciergerie très “quali” », explique-t-elle. L’offre a été proposée à quelque 10 000 copropriétaires clients des syndics Oralia et Nexity Lamy, à Paris et dans six autres grandes villes de France. WeHost prélève une commission de 20 % pour chaque réservation, et sur cette somme, Nexity touchera des frais de gestion à hauteur de 4 %.

Six cents copropriétaires ont déjà rempli le formulaire de la conciergerie, et trois premiers contrats ont été signés. « Les conseils syndicaux ont trouvé cette proposition plutôt pas mal, peu ont mis leur veto », affirme Mme Olivier, en constatant toutefois que « certains quartiers sont plus réticents, comme le Marais à Paris, où les gens n’en peuvent plus de Airbnb ». Des copropriétaires, qui n’avaient pourtant pas coché la case donnant leur accord pour recevoir des offres commerciales, ont été contactés directement, mais Nexity « plaide l’erreur humaine, et prépare un courrier d’excuse ».

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