Laurent Nuñez recevra vendredi 4 septembre plusieurs syndicats de police place Beauvau lors de rencontres bilatérales autour des questions budgétaires et de moyens, a-t-on appris jeudi dans l’entourage du ministre de l’Intérieur et de syndicats.
Ces rencontres, programmées initialement le 25 août puis reportées, ont pour origine la manifestation des principaux syndicats de policiers Alliance et Unité police FO du 30 juin pour réclamer des hausses de salaires et des moyens supplémentaires.
« On attend des mesures de masse, pas des mesurettes, pour les agents du ministère de l’Intérieur à qui on n’arrête pas de parler restrictions budgétaires », a lancé auprès de l’AFP Linda Kebbab, secrétaire nationale du syndicat Unité.
« On attend une réponse en miroir de la réforme de la grille salariale des commissaires », a poursuivi la policière, en référence à la réforme prévoyant une revalorisation des salaires des commissaires pouvant aller jusqu’à 1.350 euros par mois et qui avait mis le feu aux poudres dans les rangs policiers.
Promesses budgétaires
De son côté, le syndicat Alliance réclame que soient tenus « les engagements sur des mesures budgétaires du protocole 2022-2027, de même que les corrections apportées à ce protocole ».
« On demande également l’ouverture d’un nouveau protocole, comprenant la revalorisation de la prime de risque (ISSP). Elle n’a plus été revalorisée depuis 2019 et la fin des gilets jaunes, or c’est la seule prime qui entre dans le calcul des retraites », défend Yoann Maras, délégué national Alliance, syndicat dont les adhérents sont majoritairement des gardiens de la paix et des policiers adjoints, tout comme Unité.
Les rencontres bilatérales vont se tenir dans un contexte de forte agitation dans les rangs des policiers depuis la révélation d’une note de 12 pages signée du ministre de la Justice Gérald Darmanin après l’affaire Lyhanna.
Dans ce document adressé fin juillet à Laurent Nuñez, le garde des Sceaux synthétisait les remontées d’informations établies par les parquets généraux, parfois accablantes pour la police, évoquant dossiers « fantômes », enquêtes à l’abandon ou perdues, manque d’effectifs et de formation, dans le traitement des dossiers sur les violences sexuelles faites aux mineurs.
Article original publié sur BFMTV.com

