- Les relations « placeholder » ou « bouche-trou » désignent une relation dans laquelle l’un des partenaires considère l’autre comme une présence temporaire.
- Il s’agit souvent d’un phénomène inconscient, mais dont les signes ne trompent pas.
- Le psychologue Pascal Anger décrypte cette dynamique amoureuse.
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Vous avez peut-être déjà entendu parler du « ghosting » ou du « situationship ». Un autre terme gagne du terrain dans le vocabulaire des relations amoureuses : le placeholder partner, ou partenaire « bouche-trou ». Comme l’explique un article publié dans le Washington Post
(nouvelle fenêtre), il désigne une situation dans laquelle l’un des membres du couple considère l’autre comme une simple présence en attendant que quelqu’un de « mieux » se présente, sans forcément le dire ouvertement.
Ce terme a notamment émergé sur les réseaux sociaux. Sur TikTok, des internautes s’identifient à ce type de relation. C’est parce qu’ils seraient des placeholder partners que quelque chose cloche dans leur couple. Pour Pascal Anger, psychologue spécialiste du couple et de la famille, ce mécanisme est souvent inconscient. « La personne se trompe d’histoire d’amour. Et elle va, peut-être pendant un temps, y croire, mais très vite se rendre compte que ça ne lui convenait pas »
, explique-t-il à TF1info.
Un symptôme d’un deuil amoureux inachevé
Certaines personnes transforment, malgré elles, leur partenaire en « bouche-trou ». Selon Pascal Anger, la principale explication serait le deuil inachevé d’un amour précédent. « C’est souvent des personnes qui n’ont pas fait complètement le deuil d’un amour et qui vont idéaliser quelqu’un qu’ils vont rencontrer sur leur chemin »
, détaille le psychanalyste. En faisant des comparaisons avec leur histoire passée, ils réalisent rapidement que la relation ne leur convient pas. « C’est comme si on devait refermer un livre pour en ouvrir un autre. Et tant qu’on n’a pas véritablement fermé ce livre, on ne pourra pas aller vers un ailleurs »,
poursuit-il.
C’est pourquoi ce comportement n’est pas toujours malveillant et relève souvent de l’inconscient. La personne cherche à combler un vide, à fuir la solitude, sans réaliser qu’elle n’est pas prête à s’investir réellement. Les applications de rencontre peuvent d’ailleurs amplifier ce phénomène. « Elles vont narcissiser dans un premier temps, mais elles ne vont pas pour autant nous permettre de faire le deuil ni de passer à autre chose. Ça peut être un moment agréable, mais ce n’est pas pour autant que ça va être une histoire qui va se construire »
, précise le spécialiste qui est aussi sexothérapeute.
Quels signes doivent alerter ?
Si les personnes qui créent une relation « bouche-trou » ne le font pas nécessairement de façon consciente, cela ne veut pas dire que l’autre partenaire n’en pâtit pas. Comme le décrit Pascal Anger, certains comportements blessants peuvent alerter : « Si l’autre n’est pas attentionné, s’il vous compare toujours à son ancien amour, s’il vous ramène toujours sur les mêmes lieux qu’avec l’autre, et qu’on sent qu’il n’a pas tourné la page… ».
L’évitement du futur est également révélateur. Si évoquer un voyage commun ou une invitation en famille provoque un malaise ou une esquive, il peut s’agir d’un signe qui montre que l’autre ne se projette pas.
En réponse, le ou la partenaire peut alors évoquer un « besoin de temps ». Une justification qui n’est pas forcément un prétexte, concède le psychologue, qui rappelle que s’engager dans une relation peut prendre du temps. Il faut simplement faire le distinguo entre une personne qui avance à son rythme et quelqu’un qui reste figé dans une nostalgie de son histoire passée.
C’est pourquoi il faut faire attention à ne pas trop s’engager pour ne pas faire souffrir l’autre inutilement. « Ne jouons pas avec les sentiments de l’autre. Il vaut mieux prendre le risque de dire : j’ai vécu une histoire et j’en suis à peine sorti, je ne sais pas où je vais, plutôt que de promettre ce qu’on ne peut pas tenir »
, souligne l’expert.




