jeudi, juillet 30

  • Le « jour du dépassement » mondial, date à partir de laquelle l’humanité a consommé l’ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an, tombe ce jeudi 30 juillet.
  • À cette occasion, l’ONG WWF France publie une étude sur notre consommation d’eau « invisible », c’est-à-dire que nous n’utilisons pas pour boire, cuisiner ou nous laver.

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La planète ne peut produire qu’une quantité certaine de ressources naturelles chaque année, mais l’humanité continue à lui en réclamer davantage. C’est le sens du « jour du dépassement » mondial, qui tombe cette année jeudi 30 juillet. À partir d’aujourd’hui, l’humanité a consommé l’ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an, selon le calcul de l’organisation à but non lucratif Global Footprint Network.

Si l’on pense vite au bois, au pétrole, au minerai ou encore aux cultures, il est aisé d’oublier une ressource naturelle pourtant fondamentale : l’eau. C’est le sens de la publication, à l’occasion du « jour du dépassement », de l’étude de l’ONG WWF France intitulée « L’eau que nous mangeons ». 

En cette fin juillet, la France compte 98 départements concernés par une mise sous surveillance pouvant faire l’objet de restrictions à l’usage de l’eau (nouvelle fenêtre). 61 d’entre eux sont même considérés comme en « crise », les prélèvements en eau pour l’agriculture, de nombreux usages pour les espaces publics et domestiques y sont interdits. Dans ce contexte alarmant, l’ONG tient à prévenir : « Notre consommation d’eau ne se limite pas à celle que nous utilisons directement au quotidien ».

Un barbecue classique nécessite 101 litres d’eau par personne

Selon WWF France, pour boire, se laver et cuisiner, nous utilisons quotidiennement chacun 150 litres d’eau. Mais, à cela s’ajoute une consommation d’eau invisible. « En intégrant l’eau nécessaire à la production de tout ce que nous consommons (alimentation, vêtements, objets, électricité…), notre empreinte atteint près de 500 litres par jour, dont 250 litres, soit la moitié, sont directement liés à notre alimentation« , détaille l’ONG.

Pour illustrer le coût en eau de notre alimentation, l’antenne française de la WWF s’appuie sur l’exemple du barbecue, un repas convivial très prisé en été. D’un côté, une brochette de bœuf, une de poulet, une saucisse de Toulouse grillent sur les braises. Accompagnés sur la table du déjeuner par du ketchup, de la mayonnaise, des chips, une petite salade composée et une baguette de pain blanc. Voilà l’exemple d’un barbecue plutôt classique. Selon l’ONG, celui-ci nécessite environ 101 litres d’eau par personne, dont 97 litres uniquement pour la production de viande. 

Un barbecue alternatif, sans retirer toute la viande

De l’autre, la brochette de bœuf est toujours là, mais le reste de la viande est remplacé par une brochette de légumes de saison. Une sauce au yaourt et aux fines herbes, une salade de lentilles, des chips et du pain complet complètent le repas. Selon WWF France, ce barbecue alternatif ne nécessite plus que 45 litres d’eau, soit une économie de 55%.

Au-delà de cet exemple, diminuer notre consommation de viande et manger davantage de légumes de saison et de légumineuses permettrait « de réduire de 19,4% l’empreinte eau liée à notre alimentation à l’échelle d’une année« , selon l’étude « L’eau que nous mangeons ».

Plus largement, en ce « jour du dépassement » mondial, l’ONG a calculé que l’humanité a consommé les ressources naturelles 73% plus vite qu’elles ne peuvent se régénérer, soit l’équivalent de 1,73 planète. 

Pour WWF France, deux leviers existent pour inverser la tendance. D’abord, « remplacer les cultures les plus gourmandes en eau » par « des systèmes plus sobres et davantage fondés sur le pâturage« . Mais aussi, « développer l’agroécologie« , une approche qui place la biodiversité au cœur de la méthode agricole, vise à réduire les impacts environnementaux et préserver les ressources naturelles.

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