samedi, mai 9

  • Dans un entretien accordé à « Ouest France », Boualem Sansal assure vouloir rester en France, deux semaines après avoir annoncé son départ.
  • L’écrivain franco-algérien y revient également sur la polémique qui a suivi sa libération et explique ce qui l’avait poussé à bout.

La rupture aura été de courte durée. Le 25 avril dernier, depuis Bruxelles où il venait d’intégrer l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, Boualem Sansal avait lâché cette phrase (nouvelle fenêtre), usé par les critiques : « La France, c’est fini pour moi. Il me reste quelques mois à tirer dans ce pays. Puis, je me tire. »

Deux semaines plus tard, l’écrivain franco-algérien de 81 ans fait marche arrière, dans un entretien accordé ce vendredi à nos confrères de Ouest France (nouvelle fenêtre), dans le cadre du Printemps du livre de Montaigu (Vendée). « Non, pas du tout ! Jamais de la vie ! C’était un coup de colère, assure-t-il, questionné sur son départ. Je suis Français de nationalité, et les gens qui m’abordent dans la rue m’apportent beaucoup de marques de sympathie ».

Je suis devenu l’homme à abattre, celui qu’il faut chasser

Boualem Sansal, dans un entretien à Ouest France

Pour comprendre ce coup de colère, il faut revenir quelques semaines en arrière. Libéré des prisons algériennes (nouvelle fenêtre) en novembre après plus d’un an de détention, Boualem Sansal avait ensuite quitté son éditeur historique Gallimard pour rejoindre Grasset, maison contrôlée par le groupe Hachette de Vincent Bolloré, déclenchant une fronde dans le milieu littéraire. 

Son arrivée avait aussi coïncidé avec le départ du PDG de Grasset (nouvelle fenêtre), Olivier Nora, considéré par de nombreux auteurs comme un « licenciement » décidé par le milliardaire breton. « Je suis devenu l’homme à abattre, celui qu’il faut chasser, analyse l’écrivain. Jusqu’au 25 février, Boualem Sansal, c’est le héros absolu. Depuis, c’est l’abominable, c’est l’ingrat ».

Il dénonce par ailleurs dans cet entretien ce qu’il appelle « une immense cabale », et assume ses amitiés à droite (nouvelle fenêtre), avec Philippe de Villiers, qu’il dit appeler « cinquante fois par jour », ou encore Bruno Retailleau, mais rejette toute instrumentalisation. 

Quant à son avenir en France, il semble désormais apaisé. « Je crois que mon incarcération a beaucoup touché les Français et qu’ils sont contents de me voir libre », assure-t-il. Son prochain livre, La Légende, dans lequel il revient sur son emprisonnement, paraît chez Grasset le 2 juin prochain. 

Aymen Amiri

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