- Face à la menace du nouveau débordement, de nombreux commerçants lyonnais sont inquiets.
- Certains n’ouvriront pas pour ne prendre aucun risque.
- D’autres lèveront leurs rideaux, mais en protégeant mieux leurs boutiques.
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Dans toutes les rues du centre-ville de Lyon, le bruit des scies électriques et les mêmes scènes, des panneaux de bois en cours d’installation. « C’est du tripli, c’est ce qu’il y a de plus costaud en panneaux de protection. On les enchaîne depuis lundi, on n’arrête pas sur la presqu’île »
, nous explique Sébastien Berlu, miroitier à Lyon.
Une boutique de vêtements renforce encore son niveau de sécurité. Samedi, un rideau de fer particulièrement robuste fermera entièrement la devanture. « C’est très bien les volets, il n’y a rien de mieux au niveau solidité. Ils peuvent venir avec 50 trottinettes, il n’y a rien qui bouge »
, nous explique Denis Mutin, gérant de Mutin Rénovation. Coût total des travaux ? 20.000 euros. Le commerçant prévoit aussi de faire appel à des agents de sécurité. « On va mettre quatre vigiles pour notre boutique. On va en mettre un devant chaque vitrine et un devant l’entrée du magasin. C’est impensable de revivre ce qu’on a vécu samedi. On est restés impuissants devant ces hordes de gens qui viennent à 100, 200 »
, raconte Sébastien Le Guillou.
Fermer pour éviter d’être à nouveau pillé
À quelques rues de là, cet autre magasin de vêtements a été saccagé samedi dernier. Sur des images filmées par une voisine, on voit des pilleurs sortir les bras chargés de marchandises. Décision radicale du gérant, le commerce restera fermé jusqu’à nouvel ordre. « On a même prévu d’enlever ce qui restait de la boutique et du stock, de l’amener dans un conteneur pour justement ne plus l’avoir en boutique et de vraiment montrer boutique fermée »
, assure Bastien Pagotto.
Marie-Christine Muselet et son associé Matthieu fermeront boutique samedi après-midi. Mais ils resteront avec des amis sur place aussi longtemps qu’il le faudra. « L’idée c’est de montrer qu’il y a du monde dans la boutique, de dissuader les éventuels pilleurs »
, dit-elle. « Conscients du danger, on a le numéro de téléphone de certains confrères aux alentours, si on a besoin d’aide, on s’appelle »
, confie-t-il.
Dans ce quartier, tous espèrent ne pas revivre la journée de samedi dernier durant laquelle près de 200 commerces ont été vandalisés.

