Dès le départ, cette réforme de l’assurance maladie kényane s’appuyait sur un programme qui “surfacturait systématiquement les Kényans les plus pauvres en surestimant leurs revenus, tout en sous-facturant les plus riches”, révèle The Guardian, après avoir eu accès à des sources gouvernementales.
Cette nouvelle Social Health Authority (SHA), pierre angulaire de la réforme du système d’assurance maladie publique kényan lancée par le président William Ruto, essuie de vives critiques pour ses primes d’assurance inabordables ou incompréhensibles pour les bénéficiaires.
Alors que le Kenya était secoué par des manifestations contre le coût de la vie en 2024, le gouvernement de William Ruto a lancé une “expérience technologique” en utilisant l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé, élargie à toute la population kényane, rappelle Lighthouse Reports.
Cette intelligence artificielle, intégrée à l’assurance maladie publique, calcule le montant que chaque Kényan doit payer pour accéder aux soins de santé selon ses ressources. L’objectif : répondre à la promesse électorale de Ruto de rendre le système médical accessible à tous.
“Formule défectueuse”
Avant même le lancement de ce nouveau système, le gouvernement kényan a été averti qu’il “pénaliserait durement les plus démunis”, révèle Africa Uncensored, qui s’appuie sur un document exclusif détaillant les dysfonctionnements du système SHA.
Au cœur du problème, l’algorithme de l’intelligence artificielle utilisé, qui s’appuie sur l’“apprentissage automatique prédictif”, détaille le Guardian. Ce système “pose des dizaines de questions sur le mode de vie et les biens des personnes, puis utilise l’apprentissage automatique pour prédire leurs revenus à partir de leurs réponses. Un pourcentage de ce revenu prédit est ensuite utilisé pour calculer leur contribution annuelle à l’assurance maladie”, explique Lighthouse Reports.
Cependant, la formule utilisée par l’intelligence artificielle pour calculer les cotisations de santé de millions de personnes est qualifiée de “défectueuse” par des sources internes. “Les consultants chargés de l’amélioration du système l’ont décrit comme inéquitable et soulignent qu’il comporte des défauts intrinsèques impossibles à corriger”, renchérit Africa Uncensored. Malgré cela, “le gouvernement l’a quand même lancé”.
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