- La cour spéciale d’assises des Bouches-du-Rhône a condamné mardi Gabriel Ory, une figure présumée de la DZ Mafia, à 25 ans de réclusion pour avoir aidé à la préparation d’un double assassinat en 2019.
- Elle a acquitté Amine Oualane, autre chef désigné de l’organisation criminelle.
- La fin d’un procès sous très haute sécurité, comme a pu le constater une équipe de TF1.
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La France en proie au narcotrafic
Une sécurisation sous haute tension. Pendant trois semaines, des équipes d’interventions spécialisées en prison (ERIS) ont fait en sorte d’empêcher toute tentative d’évasion violente pour la durée de l’audience. La présence de notre équipe pourrait alerter les détenus et mettre à mal le transfert du jour, nous devons filmer derrière une vitre teintée. Les deux hommes sont présentés comme des leaders de la DZ Mafia. Celui que l’on aperçoit de façon anonyme dans le reportage en tête de cet article est soupçonné d’avoir mis en place un projet d’évasion prêt à aboutir pendant le procès.
Le transfert pour nous, c’est vraiment le point de fragilité parce qu’on est confrontés au danger tout le temps
Le transfert pour nous, c’est vraiment le point de fragilité parce qu’on est confrontés au danger tout le temps
Fred, chef de l’équipe d’interventions spécialisées en prison (ERIS)
Une fois les deux détenus entre les mains des policiers, l’une de nos équipes a pu monter dans la voiture en tête de convoi, avant de se diriger vers le tribunal d’Aix-en-Provence. En tout, une dizaine de voitures sont impliquées. Un trajet sous haute tension, avec des pointes à plus de 150 km/h pour ouvrir la route aux véhicules qui suivent, avec un itinéraire qui change quotidiennement. Fred, le chef des ERIS, est au volant. « Le transfert pour nous, c’est vraiment le point de fragilité parce qu’on est confrontés au danger tout le temps, et il peut venir de partout »
, explique-t-il au micro de TF1.
Son rôle du jour est de s’assurer que rien ne viendra surprendre ses équipes. « Tout peut nous mettre en éveil. Ça peut être par exemple un véhicule arrêté sur le bas-côté, deux véhicules type SUV qui se succèdent »
, énumère-t-il. Derrière la voiture, le convoi entre dans ce que les ERIS appellent « le tube de sécurité » : dix kilomètres entre la prison et la cour d’appel, débarrassés de toute voiture pendant plusieurs minutes. Une protection qui se prolonge jusque dans les rues d’Aix-en-Provence. En moins de 15 minutes, les détenus arrivent au tribunal.
Pendant trois semaines, 300 policiers et gendarmes se sont relayés pour protéger la cour d’appel. Avec notamment des tireurs d’élite aux fenêtres, et un avion de surveillance dans le ciel, qui n’a jamais quitté le convoi. Un dispositif qui pourrait servir de modèle dans les mois à venir.
« On reproduira ou on se rapprochera en fonction des profils qui seront pris en charge pour les prochains procès, car d’autres sont à venir pour le narcotrafic »,
affirme Justine Gerbaud, porte-parole de l’administration pénitentiaire. À commencer par celui de Felix Bingui, le mois prochain à Marseille, chef présumé du clan Yoda, rival de la DZ Mafia.




