- Le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné a estimé vendredi que si le blocage du détroit d’Ormuz, dans le Golfe, perdurait, la France risquait une pénurie.
- Faux, lui a vite rétorqué Emmanuel Macron. Alors, qui dit vrai ?
- Malgré quelques ruptures ponctuelles, la plupart des stations restent approvisionnées.
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La flambée des prix de l’énergie
Emmanuel Macron a assuré samedi que la guerre au Moyen-Orient ne laissait aujourd’hui « envisager aucune pénurie »
de carburant en France, mettant en garde contre les scénarios qui risquent de provoquer des « comportements de panique »
. Le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné a estimé vendredi que si le blocage du détroit d’Ormuz, dans le Golfe, perdurait « encore deux ou trois mois »,
la France entrerait « dans une ère de pénurie énergétique ».
Alors que faut-il croire ? Y aura-t-il bientôt en France une pénurie de carburant ? Malgré quelques ruptures ponctuelles, la plupart des stations restent approvisionnées.
Cela ne suffit pas pour autant à rassurer tous les automobilistes à l’approche de l’été. « Ça va être compliqué pour travailler et pour partir en vacances »,
lance dans le reportage en tête de cet article l’un d’eux. « S’il y a une pénurie, on n’a pas le choix, c’est l’annulation »,
estime un second.
La France est peu dépendante du Moyen-Orient : environ 10% de notre pétrole en provient. Mais les pays asiatiques, qui eux manquent déjà de carburant, pourraient rapidement nous faire concurrence. « Si vous avez un pétrole qui est indisponible pendant un certain temps, tous les pays vont chercher à s’approvisionner ailleurs. Et notamment chez les pays qui sont aujourd’hui les principaux fournisseurs de la France. Et ça sera au plus offrant de récupérer ce pétrole-là »,
commente Jérémie Haddad, expert du secteur de l’énergie et associé chez EY.
Plus compliqué pour les avions?
En cas de problème d’approvisionnement, quels stocks sont disponibles ? Aujourd’hui, l’État dispose de 90 jours de réserve stratégique pour prévenir toute pénurie. Mais cela pourrait être plus compliqué pour les avions. Car pour le kérosène, la France est davantage dépendante des pays du Golfe. « Il y a déjà des vols qui sont annulés. Donc je pense qu’on est en train d’avoir un avant-goût de ce qui pourrait être le cas si les conflits perdurent »,
explique Anna Creti, experte du secteur de l’énergie et professeur de l’université Paris Dauphine.
Contactée par TF1, Transavia indique avoir annulé certains vols pour les mois de mai et de juin, afin d’économiser son carburant.











