- Énergie, déchets, agriculture… tous ces secteurs émettent du méthane, un gaz au pouvoir réchauffant très élevé.
- La France a décidé d’en faire une priorité de sa présidence du G7 et organise lundi 4 mai un événement international pour accélérer la feuille de route.
- Mais Paris n’a pas encore rendu publics les rapports sur la quantification des émissions de méthane dans l’Hexagone.
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Notre planète
« Il faut aller très vite et très fort. »
À l’occasion d’un événement consacré aux dix ans de l’Accord de Paris à l’automne dernier, Emmanuel Macron avait rappelé la mobilisation de la France sur la scène internationale pour faire baisser les émissions de méthane. Ce gaz, notamment émis par les secteurs agricole, de l’énergie et des déchets, a un pouvoir réchauffant quatre-vingt fois plus puissant sur vingt ans que le CO₂. Un tiers du réchauffement climatique depuis aujourd’hui est attribué au méthane.
La France a donc fait de l’adoption de mesures concrètes l’un des enjeux de sa présidence du G7 cette année, et elle accueillera lundi un événement international rassemblant « ministres, décideurs publics, acteurs économiques, institutions financières, experts scientifiques et représentants de la société civile »
, explique le ministère de la Transition écologique, pour « accélérer la mobilisation mondiale dans les principaux secteurs émetteurs »
. Le méthane provient notamment de l’élevage, de l’exploitation de combustibles fossiles, mais aussi de la décomposition de déchets entreposés dans des décharges.
Une décharge au Chili en tête des sites les plus émetteurs
En avril, l’ONU a publié la liste des cinquante sites d’origine humaine les plus émetteurs de méthane, à la tête de laquelle figure une décharge au Chili – un site d’enfouissement de déchets situé à une soixantaine de kilomètres au nord de la capitale Santiago – et plusieurs sites d’exploitation de pétrole ou de gaz au Turkménistan. Des annonces sont attendues à l’occasion de la conférence de lundi. « L’objectif est aussi de remettre le sujet sur le devant de la scène avant la COP31 en Turquie »,
explique une source gouvernementale. D’autant plus qu’experts et politiques ont identifié que le méthane était un sujet plus favorable au consensus que la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, qui, à chaque COP, donne l’occasion d’une bataille en responsabilité entre les pays du Nord et ceux du Sud.
Il s’agit aussi de s’attaquer aux fuites de méthane ou délestages intentionnels sur les installations industrielles, notamment gazières et pétrolières. À Fos-sur-Mer, près de Marseille, l’organisation environnementale Clean Air Task Force mène actuellement avec la fédération Les Amis de la Terre une campagne de détection des émissions de méthane.
« En France, environ 65% des sites qu’on visite dégagent des émissions et c’est la moyenne européenne »
, décrit pour l’AFP Théophile Humann-Guilleminot, expert de Clean Air Task Force. Elles représentent dans l’Hexagone une perte annuelle de 300 millions de mètres cubes, précise le spécialiste.
Des associations mènent une campagne de détection des fuites en France
Avec cette campagne de détection, les associations de défense de l’environnement veulent contrôler l’application par la France d’un règlement européen adopté à l’été 2024 pour juguler les émissions de méthane. Une soixantaine d’inspections sont ainsi prévues, près de Valence, Bordeaux et en Aquitaine, avant un rapport à venir fin mai.
La France n’a pas encore rendu publics les rapports sur la quantification des émissions de méthane, demandés aux entreprises concernées par le règlement européen pour février dernier.
Au niveau international, l’ONU avait annoncé en novembre 2022 le lancement d’un programme d’alerte baptisé « Methane alert and response system » (MARS), permettant d’alerter rapidement gouvernements et entreprises après la détection par des satellites de grosses fuites de méthane.
Le dispositif a permis d’« atténuer »
les émissions de 41 « sources majeures de méthane »
. Au total, les Nations unies estiment que ces derniers ont émis 1,2 million de tonnes de méthane, ce qui correspond à un impact climatique « comparable à celui de près de 24 millions de voitures à essence utilisées pendant un an »
.











