- Romain Gavras fait de nouveau sensation avec « Storm », le nouveau clip du projet Gener8ion qui cumule 3 millions de vues en une semaine.
- Un court-métrage de 7 minutes qui se déroule dans un lycée futuriste où une petite frappe, jouée par le rappeur suédois Young Lean, fait sa loi.
- Sombre et virtuose, il confirme le talent du réalisateur révélé avec l’hyperviolent « Stress » de Justice en 2007.
Qu’on adore ou qu’on déteste, son travail ne laisse jamais indifférent. Alors que son dernier long-métrage intitulé Sacrifice
reste encore invisible en France, après un accueil mitigé au festival de Toronto à l’automne, le réalisateur français Romain Gavras est de retour dans un exercice où il excelle de longue date : le clip vidéo. Son dernier bébé s’intitule « Storm », et c’est un court-métrage virtuose qui accompagne le morceau du même nom, une petite bombe électro signée Gener8ion, un projet auquel il collabore de longue date avec le producteur et DJ Surkin.
Durant 7 minutes et des poussières, « Storm » nous transporte en 2034 dans un internat de garçons où une forte tête, interprétée par le rappeur suédois Young Lean, enchaîne les incivilités sous le regard mi-fasciné, mi-effrayé de ses petits camarades en uniforme… avant de fumer une clope au milieu d’une fabuleuse chorégraphie du danseur belge Damien Jalet. Détail non négligeable : on ne croise ni professeur, ni agent de sécurité à l’horizon, comme si les élèves étaient en autogestion permanente.
Comme il en a l’habitude depuis 2007 et son clip controversé pour le bien nommé « Stress » de Justice, où une bande de jeunes de cité multipliait les actes de violence gratuite en toute impunité, Romain Gavras cherche moins à commenter l’actualité qu’à plonger le spectateur dans une atmosphère oppressante qui laisse chacun libre de son interprétation. C’est ce qu’il expliquait à TF1info en 2022 à la sortie d’Athena
, son long-métrage sur Netflix qui mettait en scène une banlieue qui s’embrase suite à la suite d’une bavure policière.
« Je n’aime pas quand un film est prêcheur »
, avouait-il. « Je préfère qu’on ressorte avec des sensations qu’avec un message martelé sans cesse. Je parle en images. En symboliques. En iconographies. En France, il y a souvent une confusion. On trouve que le travail de l’image, c’est vulgaire. Alors que lorsqu’on fait du cinéma, selon moi, le travail de l’image est essentiel. La forme raconte quelque chose du fond. »
Si vous découvrez seulement maintenant le travail de Romain Gavras, qui n’est autre que le fils du légendaire cinéaste franco-grec Costa-Gavras, on vous recommande les clips de « Born Free » de M.I.A., « No Church in The Wild » de Jay-Z et Kanye West, « Stress » de Justice, « Gosh » de Jamie XX ou encore « Houdini » de Dua Lipa, son ex-compagne. Au cinéma, il est également l’auteur de Notre jour viendra
et Le monde est à toi.











