- Camille Cottin et Benjamin Lavernhe étaient les invités du 20H de TF1 ce samedi 3 octobre.
- En promotion pour le film « Les Misérables », réalisé par Fred Cavayé, les deux acteurs reviennent sur la construction de leurs personnages.
- Ils incarnent en effet tous deux le couple des Thénardier, figures du vice dans le roman de Hugo.
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Le 20H
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« C’est des rôles presque mythologiques. Le simple nom est presque devenu un adjectif. Un « Thénardier », c’est vraiment le vice incarné quand on veut décrire quelqu’un »
, rappelle Camille Cottin sur le plateau du 20H de TF1. L’actrice est venue avec Benjamin Lavernhe pour faire la promotion du film Les Misérables
, réalisé par Fred Cavayé, qui sort en salles le 14 octobre, et en avant-première simultanément dans 450 salles ce dimanche 4 octobre. Les deux acteurs y incarnent l’infâme couple Thénardier, passé dans le langage commun depuis la sortie du roman de Victor Hugo en 1862.
« C’est un monstre à deux têtes »
« Ça intimide autant que ça galvanise, on se sent très chanceux »
, affirme Benjamin Lavernhe. « La Thénardier est décrite comme une truie au regard de tigresse, ce n’est même pas une ogresse, c’est un ogre »
, explique Camille Cottin, dont la morphologie est fort éloignée de la « corpulence »
de son personnage. Un détail qui ne l’a pas freinée quand elle a accepté le rôle. « Il y a l’enveloppe, mais il y a ce qui l’anime »
, estime l’actrice, pour qui il fallait « trouver sa soif de vengeance, sa jalousie, son aigreur, sa frustration »
.
Le couple Thénardier, « c’est un monstre à deux têtes, et elle est plutôt celle qui calcule, le cerveau, celle qui élabore les plans, et lui les exécute »
, développe Camille Cottin. « Thénardier est très admiratif de sa femme »
, abonde Benjamin Lavernhe.
Les Misérables : des personnages qui traversent les époques
Pendant le tournage, l’acteur craignait parfois de ne pas avoir été assez loin dans la méchanceté. « Il m’arrivait d’aller me voir au combo [le poste de contrôle de la séquence tournée, ndlr], et de voir que j’avais mon regard sympa, doux, de Benjamin, alors que je pensais en faire des caisses »
, sourit-il, « je pensais déjà y aller fort, et j’avais de la marge »
.
Une méchanceté absolue, jubilatoire à incarner, admettent les deux acteurs, pour qui il ne faut pas se laisser aller à les défendre inconsciemment. « Ils sont censés incarner l’absence de limite. Ce sont des gens qui se nourrissent de la misère de leurs confrères, pour se sortir eux-mêmes de la misère »
, pointe Camille Cottin.
« Tout ça est nourri par la misère »
« Ils ont été dominés, ils ont nourri une rancœur, ils ont un esprit de revanche terrible, qui va faire d’eux des dominants, mais tout ça est nourri par la misère »
, précise Benjamin Lavernhe en rappelant le message politique du chef-d’œuvre d’Hugo. « Il y a plusieurs chemins dans Les Misérables, c’est ça qui est magnifique. Ils vont rétrograder vers le mal »
, inversement à « Jean Valjean, comme Cosette, qui essayent d’aller vers la lumière, (…) alors qu’ils sont tous issus de la même misère »
.
« Hugo dit qu’on peut éradiquer la misère. Il pense que la souffrance est inhérente à la condition humaine. La misère, non. Elle est le résultat d’une société, elle est fabriquée, donc si elle est fabriquée, elle peut être éradiquée »
, tranche Camille Cottin.
Retrouvez l’intégralité de l’entretien de Camille Cottin et Benjamin Lavernhe avec Anne-Claire Coudray dans la vidéo en tête de cet article
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