- La sécheresse va-t-elle aussi nous priver de carburant ?
- En Alsace, un tiers des stations-service se retrouvent presque à sec, principalement en sans-plomb.
- En cause : le niveau très bas du Rhin qui complique la navigation des barges chargées d’acheminer l’essence.
Suivez la couverture complète
Canicule, vagues de chaleur, sécheresse, incendies… Un été 2026 de tous les dangers en France
Ajoutez TF1info à vos sources sur Google
À Strasbourg (Bas-Rhin), depuis plusieurs jours, des dizaines de voitures s’impatientent devant les stations-service. Là, il ne s’agit pas du prix de l’essence qui aurait subitement chuté, mais des conséquences de la sécheresse qui sévit dans la région, comme dans une bonne partie de la France. Par endroits, les bouchons s’étalent sur plusieurs centaines de mètres, alors certains perdent patience et empruntent la voie réservée aux trams.
J’ai fait trois stations avec ma voiture qui est à l’essence. Ils n’en servent plus.
J’ai fait trois stations avec ma voiture qui est à l’essence. Ils n’en servent plus.
Un automobiliste
Pour trouver de l’essence disponible, Olivier a, lui, téléchargé une application. « Je pense que c’est la première qui réapprovisionne »
, lance-t-il dans le reportage de TF1 ci-dessus. Car dans les autres stations, les voitures s’arrêtent et repartent bredouille. « C’est la troisième. Et il n’y a pas d’E10. Donc on va en faire une quatrième. Ça fait une dizaine de jours. C’est assez compliqué »,
peste un automobiliste. « J’ai fait trois stations avec ma voiture qui est à l’essence. Ils n’en servent plus. Terminé. Du coup, je suis venu avec la voiture de ma femme. C’est du diesel »
, souligne un autre.
La pénurie concerne essentiellement le sans-plomb 95 et 98. Un tiers des stations alsaciennes sont en rupture d’au moins un carburant. Une situation comme n’en a jamais connu la région. « Le SP 95, il n’y en a plus. L’éthanol, il n’y en a plus. Il reste juste les deux diesels. Ça fait 25 ans que je suis là-dedans, c’est la première fois qu’on voit ça »,
pointe Jean-Claude, gérant d’une station-service.
En cause, une sécheresse exceptionnelle du Rhin par lequel transite la majorité du carburant alsacien. Acheminées depuis Rotterdam au nord de l’Europe, les cargaisons peinent à franchir la ville de Kaub en Allemagne, car c’est le point le plus bas du fleuve, 1m30 à peine de profondeur. Résultat, le Rhin est comme coupé en deux.
« Aujourd’hui un bateau d’hydrocarbure charge 500 tonnes au lieu de 1.500 tonnes. Donc ça contraint la chaîne d’approvisionnement des raffineries et des lieux de stockage, et in fine le client final dans les stations-service »
, explique Jean-Laurent Kistler, chef de la direction territoriale des voies navigables de France. Cette situation historique doit perdurer pendant plusieurs semaines encore. Car pour transporter l’équivalent d’un bateau de carburant, il faut 67 camions. Ce qui est difficile à trouver en pleine période estivale.
La rédaction de TF1info | Reportage : Léo FLEURENCE et Lucas RUCH




