Avec notre correspondant à Bangui, Rolf-Steve Domia-leu
Pour Martin Ziguélé, les conditions de vie des Centrafricains ne se sont pas améliorées après plus de dix ans de gouvernance du pouvoir en place : « La Banque mondiale a établi en 2016 que 52% des Centrafricains vivaient sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 1 000 francs CFA par jour. En 2026, ce chiffre est passé à 67%. Le pays est dans une situation difficile : pénurie d’eau, d’électricité, problèmes de transport, retour des barrières illégales sur les routes. Nous ne sommes pas dans une dynamique d’amélioration des conditions de vie des populations. »
« Le dialogue n’est pas une option »
L’opposant insiste sur la nécessité urgente d’instaurer un dialogue sincère entre le pouvoir et les forces de l’opposition : « En démocratie, le dialogue n’est pas une option, c’est une nécessité. La majorité de la population de notre pays vit en milieu rural. Il n’y a plus de routes, les filières agricoles se sont effondrées. Ce pays, qui était un grand producteur de coton, ne l’est plus. De près de 100 000 tonnes, nous sommes tombés à 2 000 tonnes par an. Ce pays, qui produisait plus de 50 000 tonnes de café dans les années 1975, n’a aujourd’hui même plus de statistiques fiables. Il faut un dialogue politique pour nous permettre de prendre un nouveau départ. »
Lors de son investiture, le 30 mars 2026, le président Faustin Touadéra a dressé un bilan positif de ses deux mandats. Toutefois, il reconnaît, qu’en Centrafrique, de nombreux défis restent à relever.
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