Avec notre correspondant à Bangui, Rolf Steve Domia-Leu
En Centrafrique, le centre de traitement de données de l’Autorité nationale des élections (ANE) a été touché par un incendie dans la nuit du vendredi 18 au samedi 19 septembre, à quelques semaines des élections résiduelles – l’équivalent d’élections partielles avec des scrutins municipaux, législatifs et régionaux – prévues le 25 octobre. Le feu s’est déclaré dans le bâtiment principal, alors que le personnel avait déjà quitté les lieux. Des sapeurs-pompiers privés, ainsi que des équipes de la Minusca et de la Protection civile, ont réussi à maîtriser les flammes aux environs de minuit.
Selon l’instance qui joue un rôle essentiel dans la centralisation, le traitement et la gestion des données électorales, d’importants dégâts matériels sont à déplorer. Alors que la toiture du bâtiment est en grande partie détruite, ses murs, noircis par les flammes, sont fissurés. Plusieurs salles et bureaux ainsi que du matériel et des archives ont également été endommagés.
« Toutes les archives de l’ANE, mais aussi la salle d’impression des listes électorales, les imprimantes, les scanners et environ 70 ordinateurs neufs sont partis en fumée. Heureusement, nous avons réussi à sauver le serveur qui contient le fichier électoral », évalue, l’air grave, le président de l’ANE, Mathias Barthélemy Morouba.
Deux incendies en l’espace de six mois seulement
Si l’origine du sinistre reste inconnue à ce stade, plusieurs témoins évoquent un possible court-circuit. Certains observateurs et acteurs de la société civile soupçonnent, quant à eux, un incendie volontaire destiné à cibler des équipements ou des données, dans un contexte où l’examen des requêtes liées aux dernières élections est toujours en cours, allégation que l’institution ne confirme pas. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances dans lesquelles le feu a pris et établir les responsabilités.
Reste la question des éventuelles conséquences de l’incendie sur le processus électoral. Si elles devront être évaluées après les vérifications techniques, l’ANE affirme pour l’heure que, malgré l’ampleur des dégâts, les élections résiduelles pourront se tenir à la date prévue. « Les élections auront lieu le 25 octobre. Les données ont été sauvegardées, nous pouvons aisément organiser les scrutins », reprend Mathias Barthélemy Morouba.
Cet incendie est le second à toucher le centre de traitement de données de l’ANE après celui qui avait déjà détruit du matériel de bureau dans le même bâtiment il y a six mois seulement. L’enquête diligentée à l’époque avait alors conclu à un court-circuit. Des incidents à répétition qui conduisent aujourd’hui l’institution à demander à l’État et à ses partenaires la réhabilitation et la modernisation de ses locaux et de ses installations électriques.

