mardi, septembre 22

Face à une crise des carburants qui se fait de plus en plus importante, le gouvernement cherche à amortir le choc pour les Français les plus durement touchés par la hausse des prix de l’essence et du gazole.

À l’occasion d’une conférence de presse organisée au ministère de l’Économie, organisée ce mardi 22 septembre, six ministres présentent de nouvelles aides destinées à « accompagner les ménages, les entreprises et les secteurs les plus exposés ». « Nous avons conscience que la situation est très dure pour nos concitoyens », a indiqué Roland Lescure, ministre de l’Économie, au début de la conférence de presse. Ce dernier a assuré vouloir « préserver les travailleurs et les Français les plus modestes dans un moment difficile ».

« Nous devons avoir une stratégie d’aides temporaires et ciblées », a rappelé David Amiel lors de sa prise de parole. L’État chiffre à 450 millions d’euros, « à date », le montant de ces aides annoncées par le gouvernement ce mardi. Une dépense qui restera « sous l’enveloppe de 1,4 milliards » d’euros déjà prévu, a-t-il précisé.

L’aide au gros rouleurs élargie

Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée chargée de l’Énergie a indiqué que 5,5 millions de Français pourront bénéficier de l’aide pour les gros rouleurs, contre 3 millions jusqu’ici.

« L’équivalent de 40 centimes par litre de carburant pour trois mois en moyenne, soit une indemnité de 100 € mensuels », a-t-elle précisé. Le versement de cette aide sera simplifiée et les personnes déjà inscrites n’auront aucune nouvelle démarche à réaliser, a-t-elle précisé.

Maud Bregeon a également indiqué que le chèque énergie sera maintenu dans le budget 2027. « C’est un dispositif essentiel pour les ménages aux revenus modestes, qui permet de prendre en charge une partie de leurs dépenses d’énergie », a-t-elle indiqué.

Le gouvernement en soutien des pêcheurs, du BTP et des agriculteurs

Face aux inquiétudes sur le pouvoir d’achat et au risque d’embrasement social à quelques mois de l’élection présidentielle, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait demandé mercredi à ses ministres de prolonger jusqu’au 31 décembre les aides ciblées introduites en mai dernier pour soutenir certaines filières professionnelles. Le coût initial de ces mesures était estimé à environ 1,2 milliard d’euros.

Serge Papin, ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, a confirmé que les aides sectorielles seront prolongées jusqu’au 31 décembre. Il a commencé par indiqué le relèvement du plafond à 1 000 euros de la prime carburant, versée par les employeurs. Une prime « défiscalisée » et sans charges salariales. Il a présenté cette mesure comme « une aide concrète au pouvoir d’achat ».

Le secteur du BTP pourra, de son côté, bénéficier d’une aide de 20 centimes par litre qui sera, elle aussi, prolongée. « Ces entreprises ne peuvent pas, du jour au lendemain, se passer de GNR pour faire tourner leurs engins de chantier », a assuré le ministre.

Pour les pêcheurs, qui ont mené plusieurs actions de blocage ces derniers jours, l’aide doit être portée de 25 à 35 centimes par litre, qui permettra de couvrir « 70 % de la hausse des coûts du carburants ». Ce montant correspond un niveau maximal autorisé dans le cadre du dispositif exceptionnel validé par la Commission européenne pour le secteur. Une annonce qualifiée de « poudre aux yeux » par les principaux intéressés. Le ministre a également annoncé un prêt à taux zéro qui sera mi en œuvre pour souligner les trésoreries.

Les agriculteurs pourront, eux, bénéficier d’une aide prolongée de 15 centimes par litre, qui s’ajoutera au plan d’urgence global mis en place face aux sécheresses et aux intempéries.

Les aides également renforcées pour le secteur de la santé

Dans son allocution, Stéphanie Rist, ministre de la Santé, a indiqué que les infirmiers faisant plus de 100 kilomètres par jour pourront profiter d’un « bonus territoire ruralité » de 80 euros, aide à laquelle pourront bénéficier 25 000 personnes.

La ministre a précisé que ces professionnels pourront également « repousser le paiement de leurs cotisations Urssaf », et cela « sans pénalité ».

Les aides à domicile pourront, eux, bénéficier de l’aide de 100 euros destinés aux gros rouleurs, à condition de réaliser au moins 30 kilomètres par jour.

Perte de recettes de 407 millions d’euros

Car les effets de la crise se font déjà sentir dans le quotidien des Français. Alors que le carburant a atteint un record de 2,41 euros en moyenne sur le territoire, dimanche, 14 % des stations-essence du territoire manquent d’au moins un type de carburant.

La conséquence est la diminution de la consommation de carburants. Plus tôt dans la journée, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a annoncé qu’au 20 septembre, les recettes fiscales liées aux carburants avaient diminué de 407 millions d’euros par rapport à la même période l’an dernier.

Ces pertes de recettes s’expliquent par une baisse de la consommation de 30 % du 11 au 20 septembre, par rapport aux dix premiers jours du mois, a indiqué le ministère de l’Acction et des Comptes publiques auprès d’Euronews. « La consommation du 1er au 21 septembre 2026 par rapport à la même période en 2025 est en recul de 19 % », a-t-il précisé.

Alors que les comptes publics sont déjà dans le rouge et qu’« il n’y a pas de cagnotte », selon le ministre, les mesures annoncées par Bercy vont nécessairement peser sur une équation budgétaire déjà particulièrement délicate pour 2027. Il a assuré que le gouvernement proposera un amendement prévoyant qu’un éventuel surplus serait « immédiatement restitué aux Français sous la forme d’aides supplémentaires ».

Roland Lescure a tenté de rassurer les Français en assurant qu’il n’y a pas de problème d’approvisionnement en France. « Nous n’avons aucune inquiétude pour les deux mois qui viennent », a-t-il assuré, même s’il a reconnu qu’il existe des « incertitudes fortes » pour la suite.« Mais évidemment, il faut se préparer à une dégradation possible de la situation », a-t-il également souligné.

Il a également assuré que la solution était de poursuivre l’électrification du pays. « L’année dernière, on a ouvert la nouvelle édition du leasing social », s’est-il réjouit, mettant en avant les 34 000 demandes qui avaient déjà été formulées cette année.

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