- Un nouveau médicament développé outre-Atlantique nourrit un grand espoir pour les patients atteints d’une forme avancée de cancer du pancréas.
- Lors d’un essai clinique concluant, les malades qui ont suivi ce traitement ont vu leur espérance de vie progresser significativement.
- La communauté médicale se réjouit de ces avancées, portant sur un cancer parmi les plus difficiles à traiter.
En cette mi-avril, l’entreprise américaine Revolution Medicines a partagé (nouvelle fenêtre) les résultats très prometteurs obtenus par un médicament expérimental de sa conception nommé « daraxonrasib ». Ce dernier doublerait la durée de vie des patients atteints d’une forme avancée de cancer du pancréas.
Au cours des essais cliniques, les malades traités avec ce nouveau médicament ont vécu en moyenne 13,2 mois, contre seulement 6,7 mois pour ceux soignés par chimiothérapie classique. Il s’agit là d’une avancée majeure dans le traitement d’une maladie souvent considérée comme incurable à un stade avancé.
Un cancer qui touche 16.000 Français par an
Le daraxonrasib, qui se présente sous la forme d’un comprimé à prendre une fois par jour, agit en bloquant une protéine présente dans plus de 90% des cancers du pancréas. Celle-ci, lorsqu’elle présente des mutations, favorise la croissance incontrôlée des cellules cancéreuses. Contrairement à la chimiothérapie, qui attaque toutes les cellules en division (y compris les cellules saines), le daraxonrasib a été mis au point pour parvenir à cibler spécifiquement les cellules cancéreuses, ce qui le rend sur le papier plus efficace et mieux toléré.
France Info rapporte (nouvelle fenêtre) qu’au cours des essais cliniques, ce sont des patients à un stade avancé qui ont testé le nouveau médicament. Quelque 460 malades ont participé, parmi lesquels 60 Français déjà traités par chimiothérapie, mais qui ont malgré tout développé des métastases. La moitié de la cohorte a pris le médicament, tandis que l’autre a été prise en charge de manière plus traditionnelle, avec une deuxième chimiothérapie.
Les résultats très positifs observés chez les patients suscitent l’enthousiasme au sein de la communauté médicale. « Je suis convaincu que cette nouvelle approche constitue un progrès considérable dans ce domaine et qu’elle modifiera les pratiques médicales, améliorant ainsi la prise en charge des patients atteints d’un cancer du pancréas métastatique ayant déjà reçu un traitement »
, s’est notamment réjoui le Dr Brian Wolpin, en charge de la conception et de la supervision de l’essai clinique.
Président de la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer, le professeur Jean-Yves Blay s’est lui aussi réjoui. « En dehors de quelques sous-types particuliers de cancers du pancréas, c’est un cancer pour lequel on a peu de traitements ciblés, et là, sur une molécule qui est mutée dans 90% des cancers du pancréas, on a un traitement qui semble effectivement efficace »
, a-t-il confié à France Info. Il estime qu’une commercialisation en Europe devrait intervenir dans quelques mois, au plus tard d’ici « un ou deux ans »
.
Rappelons que chaque année, environ 16.000 Français apprennent qu’ils sont atteints d’un cancer du pancréas. Dans 80% des cas, la maladie se trouve déjà à un stade avancé au moment du diagnostic, ce qui la rend très difficile à soigner. Jusqu’à présent, les options étaient limitées, et le taux de survie à cinq ans n’était que de 3 % pour les formes métastatiques.











