C’est un passage obligé pour tout candidat à l’élection présidentielle : la révélation de son affiche de campagne. Les aspirants locataires de l’Élysée sous-pèsent chaque décision et interprètent le moindre détail (couleur, slogan, décor…). Gabriel Attal a dévoilé la sienne ce samedi 30 mai, quelques heures avant son premier grand meeting à Paris.
Sur l’affiche, le patron de Renaissance la joue plutôt classique, tout sourire, en costume cravate, avec un slogan qui rappelle la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 : « La force d’agir ». Le Président sortant avait en effet testé ces trois mots auprès de l’opinion, avant de se rabattre sur « La France forte », qu’il jugeait plus percutant.
Au premier meeting de Gabriel Attal, il y aura peu de têtes connues ce qui dit beaucoup de ce que la Macronie est devenue
Mais ce qui étonne le plus avec l’affiche de Gabriel Attal, que se sont procuré en premier nos confrères de TF1, c’est la présence de drapeaux français en arrière-plan. Il est pourtant interdit de faire figurer les trois couleurs nationales sur une affiche officielle.
L’article R-27 du Code électoral dispose que « sont interdites, sur les affiches et circulaires ayant un but ou un caractère électoral, l’utilisation de l’emblème national ainsi que la juxtaposition des trois couleurs : bleu, blanc et rouge dès lors qu’elle est de nature à entretenir la confusion avec l’emblème national, à l’exception de la reproduction de l’emblème d’un parti ou groupement politique ».
Cette règle s’explique par une raison très simple : une affiche de campagne électorale ne doit pas donner l’impression d’être officielle voire institutionnelle. Même un président de la République sortant qui serait candidat à sa réélection doit se soumettre à la règle. C’est ce qui avait empêché Emmanuel Macron de faire figurer les couleurs nationales sur son affiche de 2022, quand bien même il occupait encore son bureau à l’Élysée.
À noter que cette interdiction est aussi valable pour les clips de campagne diffusés sur les réseaux sociaux et à la télévision. Lors de la campagne présidentielle de 2017, l’ancêtre de l’Arcom, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), avait publié une décision expliquant que les candidats ne pouvaient pas « faire apparaître tout emblème national ou européen » ni « utiliser l’hymne national » dans leurs clips.
Face aux critiques qui risquaient alors d’émerger, l’une des membres du CSA, Sylvie Pierre-Brossolette, avait assuré que « cette règle existe depuis 1988 ». Auprès de franceinfo, elle précisait que l’interdiction visait à « protéger les emblèmes nationaux, pour qu’ils ne soient pas instrumentalisés à des fins partisanes ».
S’il n’existe pas de sanctions à proprement parler contre les candidats qui contreviennent à cette règle, le risque est que la profession de foi normalement distribuée dans les boîtes aux lettres soit retenue par les services de l’État. C’était arrivé à plusieurs candidats aux élections municipales de mars, qui avaient dû procéder eux-mêmes à la distribution des documents de campagne. En dépit des apparences, il reste encore énormément de temps d’ici au début officiel de la campagne présidentielle, bien assez pour que Gabriel Attal modifie son affiche.
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