Après une année difficile et une chute massive des bénéfices, le groupe Volkswagen a décidé de renforcer sa politique d’austérité. Le président du groupe Oliver Blume a annoncé la suppression d’environ 50 000 emplois en Allemagne d’ici 2030.
Le groupe va ainsi nettement plus loin que ce qui était prévu jusqu’à présent : fin 2024, Volkswagen avait déjà convenu avec les syndicats d’une suppression de 35 000 postes. Ces mesures toucheront également les marques Audi et Porsche, en grande difficulté.
L’année passée, le bénéfice net s’est effondré d’environ 44 % pour atteindre 6,9 milliards d’euros (contre 12,4 milliards d’euros l’année précédente). Le groupe n’avait pas fait pire bilan depuis le Dieselgate, en 2016.
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Comme l’a indiqué le plus grand constructeur automobile d’Europe, ce mardi 10 mars, à Wolfsburg, le chiffre d’affaires a stagné à environ 322 milliards d’euros, tandis que le bénéfice d’exploitation a presque été divisé par deux, à environ 8,9 milliards d’euros. Le directeur financier Arno Antlitz a justifié ce résultat en parlant d’un « environnement exigeant », de tensions géopolitiques, de nouvelles barrières commerciales et d’une concurrence croissante, notamment de la Chine.
Les chiffres de vente ont légèrement baissé. Le groupe a livré environ 8,98 millions de véhicules dans le monde en 2025, soit une baisse de 0,5 % sur l’année. Certes, Volkswagen a progressé en Europe et en Amérique du Sud (+5 à 10 %), mais les reculs en Chine (-6 %) et en Amérique du Nord (-12 %) n’ont pas pu être compensés.
Les nouveaux droits de douane introduits par le président Donald Trump pèsent particulièrement sur le marché américain. Parallèlement, les modifications des réglementations environnementales et la suppression des aides publiques ont freiné la demande de voitures électriques.
Même les projets prévus sont sous pression, comme l’usine de pick-ups électriques de la marque Scout, qui prévoyait de contourner les barrières douanières en produisant des véhicules aux États-Unis.
Les problèmes persistent aussi en Chine, longtemps le principal moteur de croissance du groupe. Les constructeurs locaux comme BYD, Geely ou Nio rattrapent leur retard technologique et gagnent des parts de marché. Volkswagen mise donc de plus en plus sur une stratégie « en Chine pour la Chine » avec des chaînes de développement et d’approvisionnement locales, une approche que les analystes considèrent comme décisive pour l’avenir du groupe.











