- Les partis arabes ont créé la surprise en réalisant un score bien supérieur aux attentes mardi, lors des élections législatives en Israël.
- Potentiels faiseurs de rois, ils pourraient décrocher un nombre record de sièges et s’associer dans une coalition pour faire chuter Benyamin Netanyahou.
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Ils ne gouverneront pas Israël, mais le futur gouvernement ne pourra pas faire sans eux. Tel est l’un des enseignements des élections législatives qui, mardi, ont permis aux partis arabes d’atteindre un score sans précédent dans l’histoire du pays. Selon le dépouillement de 85 % des suffrages, les deux principales listes devraient récolter 19 sièges, un chiffre pouvant permettre au principal bloc d’opposition d’obtenir une majorité face à la coalition de Benyamin Netanyahou.
Faire chuter « Bibi » après dix-neuf ans au pouvoir en Israël : c’est l’un des objectifs de Mansour Abbas et Youssef Jabareen. Respectivement à la tête de la Liste arabe unie (Raam, une formation islamiste modérée), et de la Liste unifiée (une coalition de trois partis aux sensibilités nationaliste et communiste), ils ont qualifié de « raciste
» l’actuel Premier ministre. Les deux hommes ont un point commun : ils sont membres de la minorité arabe israélienne, descendante des Palestiniens restés sur leurs terres lors de la création d’Israël en 1948. Ils représentent désormais environ 20% de la population.
Vers une collaboration avec le bloc d’opposition ?
Se sentant marginalisés, ils se disent prêts, sous certaines conditions, à collaborer avec le bloc d’opposition. Ce dernier s’est constitué autour de l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot. Problème : ce dernier a écarté durant la campagne toute participation des partis arabes à sa coalition, afin de ménager l’électorat juif. Le chef de la gauche – aujourd’hui largement minoritaire en Israël – Yaïr Golan, membre du bloc emmené par Gadi Eisenkot, a été le seul à ce stade à appeler de ses vœux une telle alliance.
Conscient de la difficulté de rassembler largement un électorat éprouvé trois ans après le 7-Octobre, Mansour Abbas a atténué toute rhétorique liée à Gaza ou à la Cisjordanie, et axé sa campagne sur des questions consensuelles comme la criminalité qui gangrène la société arabe israélienne. Il est aussi allé jusqu’à intégrer à sa liste Yoav Segalovitz, un ancien haut responsable de la police israélienne qui avait été nommé vice-ministre de la Sécurité nationale et premier juif de droite à figurer sur une liste à majorité arabe.
Au lendemain du scrutin, Youssef Jabareen a mis sur la table l’hypothèse d’un « véritable partenariat judéo-arabe
» afin de chasser « Bibi » du pouvoir. « Quiconque souhaite proposer une alternative réelle et authentique au gouvernement de Netanyahou aux mains tachées de sang devra s’adresser à nous et ouvrir la voie au changement
« , a déclaré à des médias le dirigeant de la Liste unifiée. Le principal intéressé a, lui, vivement dénoncé leur percée. Les élections « ont été volées par des partis arabes qui soutiennent le terrorisme et l’anéantissement de l’État juif
« , a affirmé le Likoud, assurant avoir des preuves de cas de « corruption, menaces, violence, falsifications et utilisation de logiciels interdits pour inciter les électeurs à voter
« .

