- Des centaines de milliers de jeunes ont manifesté en France, en Italie, en Espagne et dans d’autres pays européens ces dernières semaines.
- L’élément déclencheur varie d’un pays à l’autre, mais un point commun les unit tous : ils craignent pour leur avenir.
- Tour d’horizon des différents mouvements de protestation et de leurs revendications.
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Lycées, facs, gilets jaunes… Une France entre colère sociale et violences urbaines
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Il n’y a pas qu’en France que la colère gronde. Un peu partout en Europe, des jeunes sont descendus dans les rues ces derniers jours pour faire entendre leur voix face à des politiques dont ils estiment qu’ils ne les écoutent pas, des mouvements de protestation qui ont parfois dégénéré (nouvelle fenêtre). L’élément déclencheur varie d’un pays à l’autre, mais un point commun les unit tous : ils craignent pour leur avenir.
Ces mouvements de contestation de la jeunesse demandent aux gouvernements d’agir contre la flambée des loyers dans les villes, de réduire les dépenses de défense au profit de l’éducation et de créer davantage de débouchés professionnels pour les jeunes.
En France, la mobilisation a débuté à la mi-septembre (nouvelle fenêtre) dans les établissements scolaires, en réaction à l’incapacité à remédier à la surpopulation des classes, à la pénurie d’enseignants et à la vétusté des bâtiments et des installations. En Italie, où des manifestations ont tourné à l’émeute (nouvelle fenêtre), les étudiants réclament de meilleures conditions scolaires et protestent contre le coût de la vie chère.
En Belgique, ils dénoncent la hausse des frais d’inscription et réclament des heures d’enseignement supplémentaires. En Allemagne, les étudiants allemands protestent contre la réintroduction éventuelle du service militaire obligatoire.
Vers une convergence transnationale ?
En Grèce et au Portugal, les jeunes se mobilisent contre la vie chère et la spéculation immobilière, responsable de la hausse des coûts du logement. En Espagne, ils sont des milliers à camper depuis fin septembre sur la place Puerta del Sol (nouvelle fenêtre), au cœur de Madrid, pour protester contre le coût du logement. Le mouvement de protestation a été déclenché par l’expulsion de Maricarmen Abascal, une femme de 87 ans expulsée de son logement suite à l’augmentation de son loyer de 230% imposée par un fonds d’investissement. La dame est décédée deux semaines plus tard.
En Albanie, des étudiants ont rejoint un mouvement antigouvernemental plus large baptisé « la révolution des flamants roses (nouvelle fenêtre)« . Ce dernier tire son nom de l’habitat de cet oiseau, situé dans une région où Jared Kushner, le gendre du président américain Donald Trump, a obtenu l’autorisation du gouvernement pour un vaste projet touristique de luxe auquel s’opposent les associations écologistes. En Serbie, les étudiants mènent depuis près de deux ans des manifestations pacifiques à la suite de la catastrophe de la gare de Novi Sad (nouvelle fenêtre). Ils appellent à en finir avec la corruption et dénoncent l’inaction politique du gouvernement.
Tous ces mouvements de protestation ont une racine commune : le sentiment d’exaspération généralisée à l’échelle du continent face aux bas salaires et aux loyers élevés, un sentiment d’impuissance face au réchauffement climatique (nouvelle fenêtre) et une inquiétude générale concernant les perspectives d’emploi et la disparition potentielle des généreuses prestations sociales dont bénéficiaient les générations précédentes. L’inquiétude suscitée par la hausse des dépenses militaires en Europe depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie (nouvelle fenêtre) est aussi au cœur des préoccupations.
Jusqu’à présent, les réactions politiques se sont le plus souvent concentrées sur les questions d’ordre public, la France imposant des couvre-feux partiels tandis que l’Italie a déployé des soldats – une réponse qui, selon les manifestants, masque leurs revendications et pourrait aggraver la situation. Si ces mouvements ne sont pas de l’ampleur des manifestations anti-austérité qui s’étaient propagées à travers le monde dans les années qui ont suivi la crise financière de 2008, ils commencent à attirer l’attention du monde entier et à susciter, parmi les manifestants, des discussions sur un mouvement transnational.

