- De nouvelles manifestations sont prévues ce samedi 24 octobre, notamment dans la capitale.
- Pour éviter de nouvelles scènes de violence ou de dégradations, la mairie de Paris a diffusé des consignes et pris des mesures.
- Le mobilier urbain doit notamment être débarrassé, et les commerçants sont par exemple appelés à rentrer leurs terrasses.
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Lycées, facs, gilets jaunes… Une France entre colère sociale et violences urbaines
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Après le traumatisme du week-end dernier, Paris s’apprête à vivre un nouveau samedi sous tension. Alors que les manifestations ont été interdites dans de nombreuses villes de France ce 24 octobre, la capitale verra bien un cortège s’élancer entre les places de la Bastille et de la Nation, notamment à l’appel de la CGT. Mais pour éviter les scènes de pillage ou de dégradations observées lors de la mobilisation du 17 octobre, la mairie de Paris a pris des mesures et diffusé des consignes.
Dans un communiqué envoyé jeudi 22 octobre, « la Ville de Paris appelle les Parisiennes et les Parisiens à la plus grande vigilance ce samedi 24 octobre face aux risques de nouvelles violences commises par des casseurs, sans lien avec le mouvement social »
.
Plus de 1000 agents mobilisés pour la « remise en état de l’espace public »
Aussi, elle indique avoir pris des « mesures préventives sur l’espace public »
, en enlevant « les barrières et les éléments mobiles des chantiers »
présents dans les rues. « Cette mobilisation préventive comprend également le vidage systématique des corbeilles de rue, le retrait des conteneurs à verre et des bacs roulants aériens, ainsi que le ramassage immédiat des encombrants et des dépôts sur la voie publique »
, lit-on encore. Pour mettre en œuvre ce plan, la municipalité renforce ses équipes : plus de 1000 agents seront mobilisés ce week-end pour la « remise en état de l’espace public dès que les conditions de sécurité le permettront »
.
Par ailleurs, Paris demande aux habitants et commerçants – quelque 450 commerces ont été dégradés ce week-end dans la capitale, dont 228 pillés – de « prendre quelques précautions simples »
, par exemple « rentrer leurs poubelles et leurs vélos, ainsi que leurs terrasses et leur mobilier extérieur dès samedi midi »
.
Une cellule de crise déployée dès midi
Les policiers municipaux – qui ne sont pas armés à Paris – seront eux « mobilisés afin de renforcer la protection des bâtiments et équipements municipaux »
. Enfin, la ville activera sa cellule de « gestion de crise »
dès samedi à 12h « en lien avec la Préfecture de police, afin de suivre la situation en temps réel, de coordonner la mobilisation des services municipaux et d’organiser les interventions nécessaires sur l’espace public »
.
Jeudi matin, le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a reçu les élus parisiens et les commerçants, à la suite de recommandations qui leur ont été faites, leur conseillant « de participer à la sécurité de leurs commerces en renforçant les moyens de sécurité passive et en recourant s’ils le peuvent à la sécurité privée »
. Ce sont « des mesures de précaution destinées à anticiper les risques et à renforcer la protection des établissements les plus exposés »
, elles « ne traduisent en aucun cas un désengagement des pouvoirs publics ou un transfert de responsabilité vers les professionnels »
, a insisté la préfecture de police, assurant qu’il ne « s’agit pas d’inciter les commerçants à assurer eux-mêmes leur sécurité ou à se faire justice »
.
Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a indiqué, après un rendez-vous avec le Premier ministre à Matignon en compagnie des maires de Lyon et Marseille, que pour ce samedi le « cadre de travail »
avec le gouvernement était « plus satisfaisant »
. L’édile a réuni jeudi soir environ 400 Parisiens pour tenter de rassurer commerçants et riverains choqués par les pillages du week-end dernier. Il leur a dit avoir « demandé des garanties (…) au préfet de police, et au gouvernement »
sur les délais d’intervention des forces de l’ordre. « Qu’on ne puisse pas mettre des policiers devant tous les commerces, chacun le comprend. Mais qu’on soit obligés d’attendre 15-20 minutes pour une intervention, ça n’est pas acceptable »
, a-t-il estimé.
Plusieurs musées parisiens resteront également fermés ce samedi, dont le Louvre, Orsay, le Grand Palais, le musée Picasso ou l’Orangerie, a précisé le ministère de la Culture dans un communiqué.

