- Après les pillages du week-end dernier, l’un des défis consiste à empêcher que les produits volés soient revendus sur des plateformes de revente en ligne.
- Convoqués lundi soir à Bercy, leurs responsables se sont engagés à supprimer les annonces douteuses.
- Le gouvernement veut aussi retirer des prestations sociales versées aux délinquants.
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Des téléphones neufs par dizaines, du maquillage, des cosmétiques… Le tout souvent accompagné de la mention « 17 octobre ». Annonces et vidéos de vols pullulent sur les réseaux sociaux depuis les violences du week-end dernier. Les utilisateurs se vantent d’ailleurs ouvertement de les avoir commis. « J’ai pris tout le maquillage de toutes les marques. Il y a de quoi ouvrir un Sephora »,
lance l’une dans le reportage en tête de cet article. Dans ce contexte, les plateformes ont pris des mesures dès l’apparition de ces annonces au cours du week-end. « Nos équipes ont agi immédiatement pour supprimer les annonces susceptibles de concerner des biens volés »,
a notamment indiqué Vinted. En tapant le mot-clé « 17 octobre » dans le moteur de recherche de la plateforme, désormais la mention « aucun résultat » s’affiche, comme a pu le constater l’un de nos journalistes.
« Nous utilisons des outils technologiques pour détecter les comportements suspects pouvant indiquer la mise en vente de biens volés »,
déclare la plateforme Ebay contactée par TF1.
Supprimer les prestations sociales, « faisable »
Les plateformes en ligne se sont engagées lundi soir à renforcer la coopération avec les autorités, à intensifier la surveillance des annonces et à informer les consommateurs des risques. Le gouvernement annonce de son côté qu’il va traquer les pilleurs pour les sanctionner financièrement en cas de revente de produits volés.
Mais est-ce que supprimer les prestations sociales, c’est concrètement faisable par exemple ? « Non seulement c’est faisable, on avait des expérimentations qui avaient été opérées, notamment dans les Bouches-du-Rhône. L’idée, c’est de le généraliser de façon à ce que tous les calculs soient basés sur les revenus réels des personnes et non pas uniquement les revenus déclarés »,
assure
Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement.
La revente de marchandises volées constitue un délit de recel passible de 5 ans d’emprisonnement et de 375.000 euros d’amende, une sanction qui peut également concerner les acheteurs.
« Le receleur, c’est le détenteur de mauvaise foi. Il vous propose un téléphone dernier cri à 150 euros alors qu’il est encore dans son emballage. La justice peut tout à fait vous reprocher de ne pas vous être questionné sur la provenance de l’objet »,
commente de son côté Me Eric Lefebvre, avocat pénaliste au barreau de Strasbourg. Un premier bilan chiffré des annonces retirées doit être réalisé à partir de mercredi soir.

