- La Chambre régionale des comptes Provence-Alpes-Côte d’Azur a sérieusement critiqué la gestion financière de la ville de Marseille entre 2018 et 2024.
- Elle note un absentéisme toujours trop élevé ou encore un « manque de transparence dans la gestion » des huit mairies de secteur.
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Absentéisme élevé, recrutements nombreux, stratégie financière peu lisible… La Chambre régionale des comptes (CRC) a vivement critiqué ce vendredi 16 octobre la gestion financière de Marseille. Les observations de la CRC Provence-Alpes-Côte d’Azur portent sur la période 2018-2024, à cheval sur la dernière mandature de Jean-Claude Gaudin (LR) et la première de Benoît Payan (DVG), élu en 2020 puis reconduit en 2026 à la tête de la deuxième ville de France (873.000 habitants).
« Aucun des progrès accomplis depuis 2020 retenu », déplore Benoît Payan
Sur l’absentéisme des agents municipaux, « phénomène ancien et connu
« , les magistrats financiers, tout en reconnaissant un taux en recul de 2 points en 2023 et 2024, soulignent qu’il est « de 43 % supérieur au taux national »
et qu’aucun « plan d’action global n’a été bâti pour le réduire »
. Ils recommandent « un diagnostic complet »
pour en déterminer les « causes »
.
La CRC établit une corrélation entre cet absentéisme et le nombre d’agents recrutés, l’effectif étant passé de 14.426 en 2018 à 16.188 en 2024, soit 1.800 agents représentant 968 équivalents temps plein (ETPT). Or, ces « recrutements supplémentaires visent principalement à pallier l’absentéisme (765 ETPT) et à renforcer certains services (142 ETPT) »
.
Autre grief : « Le manque de transparence dans la gestion »
des huit mairies de secteur, dont la « faible coordination (…) avec les services centraux de la commune, est source de difficultés significatives »
. Le rapport recommande aussi à la ville de réaliser une « cartographie »
des risques de corruption, rappelant que la loi oblige les collectivités à se doter « d’un dispositif de prévention »
dans ce domaine. Des travaux ont été « engagés »
par l’Inspection générale des services, mais « interrompus au motif d’un sous-effectif de ce service »
. « La stratégie financière demeure (…) peu lisible, particulièrement en matière de programmation pluriannuelle »
et la « fiabilité »
des comptes est « nettement insuffisante »
, pointe encore la CRC.
Dans sa réponse, Benoît Payan considère que le « rapport ne retient pratiquement aucun des progrès accomplis depuis 2020 »
, ni « la situation héritée de l’ancienne majorité »
, en particulier sur « l’investissement sans précédent dans la rénovation des écoles »
ou « la remise à niveau de nos moyens de sécurité »
. Il insiste également sur les « dizaines de millions d’euros »
dont la ville serait privée de la part de la métropole et du conseil départemental, dirigé par sa rivale politique Martine Vassal (ex-LR).

