- Un couvre-feu décrété en début de semaine sur environ un tiers de l’île Maurice a été reconduit jusqu’à dimanche.
- Depuis plusieurs jours, des manifestations contre les pénuries d’eau et l’augmentation du coût de la vie secouaient l’archipel.
- L’île s’est ensuite embrasée après qu’un policier a grièvement blessé samedi une femme par balle.
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Cet archipel de l’océan Indien n’avait plus connu d’émeutes depuis 1999, lorsqu’un chanteur était mort en cellule. Le gouvernement de Maurice a étendu aux nuits des vendredi 16, samedi 17 et dimanche 18 octobre le couvre-feu qu’il a décrété mardi sur environ un tiers de l’île principale, après qu’une contestation populaire a été suivie de violences pour lesquelles 150 personnes ont été arrêtées.
L’île Maurice, où se déroulaient depuis plusieurs jours des manifestations contre la pénurie d’eau touchant le territoire depuis plus de deux semaines et contre la hausse du coût de la vie, s’est embrasée après qu’un policier a grièvement blessé samedi une femme par balle.
Des pillages et des substances explosives utilisées
Samedi soir, un policier avait tiré sans sommation sur une femme au niveau du cou, selon des témoins. Grièvement blessée, la victime avait été hospitalisée et la balle lui avait été retirée par une équipe de chirurgiens indiens dépêchés à Maurice pour la sauver, selon les médias locaux. Jeudi, les proches de la victime ont indiqué à l’AFP que celle-ci a marché de nouveau pour la première fois à l’aide d’un déambulateur dans l’hôpital où elle est soignée. Le fonctionnaire impliqué a quant à lui été arrêté et traduit en justice.
Après cet événement, des faits de pillage, de possession de substances explosives ou encore de non-respect du couvre-feu ont été recensés, selon le gouvernement, qui précise également que des « incendies ou dommages »
ont été « causés à des commissariats »
. Les autorités ont décrété mardi un couvre-feu entre 20h30 et 5h le lendemain dans dix régions administratives – surtout en périphérie des villes et qui correspondent à environ un tiers du territoire de l’île Maurice – et étendu dans un premier temps cette mesure jusqu’à jeudi soir.
150 personnes arrêtées depuis lundi soir
« Après mûre réflexion, le Conseil des ministres a décidé de maintenir le couvre-feu pour les trois prochaines nuits »
, a indiqué vendredi dans un communiqué le bureau du Premier ministre Navin Ramgoolam. Les horaires sont réduits de 22h à 4h30 le lendemain, précise le texte, qui appelle la population à « coopérer pleinement »
avec les autorités. Selon des chiffres donnés par la police jeudi soir, 150 personnes avaient été arrêtées depuis lundi soir en raison des violences.
Navin Ramgoolam a indiqué que les autorités envisagent des poursuites contre les responsables des troubles en vertu de la loi antiterroriste et a accusé des « barons de la drogue »
d’attiser les violences. Mardi soir, le Premier ministre mauricien avait déclaré que « nul n’a le droit de se faire justice soi-même ou de prendre la loi entre ses mains »
, avant d’affirmer qu’il serait « intransigeant envers les trafiquants de drogue qui jettent de l’huile sur le feu »
. Selon des sources policières interrogées par l’AFP, des trafiquants financent des toxicomanes pour attaquer les postes de police.
Le gouvernement veut faciliter la détention des mineurs
« Compte tenu du nombre de mineurs impliqués dans les émeutes, des amendements à la loi sur l’enfance seront envisagés afin d’abaisser l’âge de 14 à 12 ans pour la détention et la poursuite des mineurs »
, pouvait-on par ailleurs lire dans un communiqué publié mercredi au terme d’un Conseil des ministres exceptionnel. Le ministère de l’Éducation mauricien avait de son côté annoncé la suspension des cours jeudi et vendredi dans toutes les crèches et établissements primaires et secondaires du pays.
L’île Maurice, dont le PIB par habitant est l’un des plus élevés d’Afrique, est vue comme un modèle de stabilité et de prospérité sur le continent africain. Le pays a connu une croissance remarquable depuis son indépendance du Royaume-Uni en 1968. Son économie, autrefois principalement agricole et centrée sur la production de sucre, s’est diversifiée et est aujourd’hui portée par le tourisme – les îles possèdent des plages immaculées et des récifs coralliens – le textile et le secteur financier.
La rédaction de TF1info avec AFP

