- Certains de ses clients repartent avec des salières, des couverts et même du papier toilette ou du vin à 200 euros.
- Julien Bergua, restaurateur dans les Hautes-Pyrénées, exprime son ras-le-bol face à la caméra de TF1.
Suivez la couverture complète
Le 13H
Ajoutez TF1info à vos sources sur Google
Quand ils dressent ses tables, Julien Bergua, patron d’un restaurant situé à Aulon, dans les Hautes-Pyrénées, fait désormais le tri. Il y a les objets qu’il laisse à ses clients, et ceux qu’il préfère mettre à l’abri pour éviter les vols. « Il y en a certains qu’on ne met plus, comme par exemple les salières et poivrières, c’est un budget trop gros pour qu’elles puissent disparaître chaque jour
, explique-t-il dans le reportage du JT de TF1 ci-dessus. Pour la décoration,
poursuit-il, on mettait des petits champignons qui étaient sculptés à la main. On a arrêté parce qu’on n’en a plus
« .
Des salières à 75 euros pièce qui disparaissent, mais aussi, plus surprenant, du papier toilette. Et à force, l’addition commence à être salée : plusieurs centaines d’euros de pertes par an selon lui.
« C’est des vacances qu’on ne peut pas prendre »
Et justement, encore la semaine dernière, deux clients pourtant habitués ont tenté de repartir avec une bouteille de vin à 200 euros. Le plus étonnant, le serveur venait de justement de courir après eux pour leur rendre leur portefeuille oublié. « Il s’est permis d’ouvrir la portière de la voiture et en fait, la personne avait la bouteille sur les genoux
« , raconte Julien Berga.
Au-delà de l’argent, ces vols finissent désormais par l’affecter. « La restauration, quand on l’a fait de la manière dont on l’a fait nous, on l’a fait avec le ventre et avec le cœur. Un petit geste par-ci, un petit geste par-là, tout cumulé sur une année de travail, c’est des vacances qu’on ne peut pas forcément prendre ou pas de la même façon
« , souligne le patron du restaurant Les Aryelets, qui a récemment poussé un coup de gueule retentissant sur les réseaux sociaux.
Pour les clients attablés ce jour-là dans son établissement, où le menu coûte 40 euros, ces larcins sont difficiles à comprendre. « Je pense que la connerie n’a pas de limite et n’a pas de classe
« , commente un homme. « Ça ne me viendrait pas à l’esprit de voler quoi que ce soit
« , assure une autre.
Ces vols sont loin d’être isolés et touchent de nombreux professionnels partout en France. Notre reportage montre des images de vidéosurveillance sur lesquelles on voit deux femmes, en pleine nuit à Lille (Nord), tenter de repartir avec des chaises entreposées à l’extérieur d’un établissement, avant d’être arrêtées par la responsable.
Pour Hubert de Faltans, président de l’Umih 31 et lui-même déjà victime de plusieurs vols, ces scènes sont malheureusement devenues récurrentes. « Ça déstabilise toujours un peu parce que le lendemain, au moment de poser la touche finale qui sont les salières, etc., sur les tables, vous vous apercevez qu’il en manque quatre, par exemple. C’est agaçant, c’est le petit gravillon dans la chaussure qui ne vous empêche pas de marcher, mais qui à force devient excédant
« , estime-t-il. Pour autant, malgré tous ces vols, la plupart des restaurateurs nous avouent ne jamais avoir déposé plainte.

