Avec notre correspondante à Budapest, Florence La Bruyère
Le Premier ministre hongrois Peter Magyar justifie la fin anticipée du mandat présidentiel par une « grave perte de confiance » de la société envers le président, qu’il a qualifié de « marionnette » de Viktor Orban.
Face aux critiques du Fidesz, le parti d’Orban, qui boycottera le vote, et des juristes et des défenseurs de l’État de droit, Péter Magyar lance une nouvelle offensive contre le chef de l’État.
Pour parer aux critiques, Péter Magyar a intensifié sa campagne contre Tamas Sulyok, le président de la République. Le Premier ministre a accusé le président d’avoir détourné de l’argent public lors d’un voyage aux États-Unis en janvier dernier. Le chef de l’État a fait du tourisme et rencontré des expatriés hongrois mais aucun officiel américain : le voyage a coûté un demi-million d’euros au contribuable.
Bien que le président hongrois ait un rôle avant tout protocolaire, c’est un fidèle de Viktor Orban. Or Peter Magyar a promis aux Hongrois de balayer l’ancienne élite au pouvoir, afin d’assurer un changement de régime.
Une majorité de Hongrois souhaite voir Viktor Orban jugé par les tribunaux pour abus de pouvoir et corruption. Mais cela prendra du temps. Alors, pour satisfaire l’opinion publique, Peter Magyar a besoin d’actes symboliques immédiats, comme le départ du président. D’où cette dernière offensive pour le dénigrer. Le Premier ministre veut aussi éviter une crise constitutionnelle, dans le cas où le président s’accrocherait à son fauteuil malgré le vote des députés.
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