Trois jours de calvaire et un lourd bilan. L’incendie qui s’est déclaré dans le sud de l’Espagne jeudi est désormais stabilisé, a indiqué le président de la région Andalousie, Juan Manuel Moreno, ce dimanche 12 juillet.
L’urgence passée, une polémique monte. Au moins 12 personnes sont mortes et une vingtaine sont portées disparues, à la suite de ce feu, qui a parcouru quelque 7.000 hectares. Et les proches de ces victimes pointent désormais du doigt les autorités espagnoles notamment sur la gestion de l’alerte et des évacuations.
Selon certains d’entre eux, de nombreux habitants n’ont pas reçu d’ordre d’évacuation. Ils ont donc tenté de fuir le feu par eux-mêmes quand ils ont vu les flammes, souvent trop tard. D’après les autorités, l’incendie a progressé au rythme d’environ 100 mètres par minute, laissant peu de chance à ceux qui étaient à proximité.
« Ils ont essayé de s’enfuir mais il était déjà trop tard »
« J’étais au téléphone avec lui quand tout s’est passé. Il m’a dit qu’il était avec d’autres personnes et qu’ils essayaient de trouver un moyen de s’échapper. C’était une situation très compliquée », raconte Thomas-Wolf Verdonckt, fils d’un homme belge décédé dans l’incendie.
Il assure que « personne n’a reçu d’alerte officielle ». « Ils n’ont appris l’incendie que par les informations ou des publications sur Facebook, mais ils n’ont jamais reçu d’ordre d’évacuation alors ils sont restés où ils étaient. Quand ils ont vu le feu, ils ont essayé de s’enfuir mais il était déjà trop tard », ajoute-t-il.
Un témoignage semblable à celui de l’époux de la femme française portée disparue. « La mairie, police municipale, la police locale, personne n’est venu prévenir. On s’est retrouvés coincés, piégés », a indiqué à TF1 samedi Jérôme Navarro, dont l’épouse, qui est française, est portée disparue depuis l’incendie.
C’est au moment de fuir leur logement que le couple de Français s’est séparé, l’un partant à moto et l’autre en voiture avec les chiens. « J’ai dit à ma femme: ‘Sors vite, tu laisses tout. Tu sors vite’. Et le temps de dire ça, j’étais entouré d’une boule de feu. J’ai pu que partir en courant », a-t-il également souligné, ému.
Un système d’alerte similaire à la France
Pourtant, il existe bien un moyen d’alerter la population, comme le système FR-Alert en France.
« C’est une capacité de géociblage au moyen du téléphone, qui peut être provoqué par une autorité. En France, c’est le préfet qui est à la manœuvre en fonction de la situation et des remontées de terrain », explique sur BFMTV le commandant Sebti Khadimallah, officier de sapeurs-pompiers et porte-parole de la Sécurité civile.
« Visiblement, là, ça n’a pas été déclaré, les autorités se justifieront par rapport à cette situation. On n’a pas tous les éléments de contexte et de circonstances pour ces victimes. Ce qu’il faut garder à l’esprit c’est que de plus en plus de pays disposent de ce type d’alerte, avec une capacité de toucher tous les téléphones dans une localisation donnée, si la couverture réseau le permet », ajoute-t-il.
Article original publié sur BFMTV.com











