La visite de Wang Yi à Naypyidaw intervient seulement 15 jours après l’investiture de Min Aung Hlaing comme président, à la suite d’élections législatives jugées ni libres ni équitables et destinées, selon les critiques, à maintenir l’emprise de l’armée de Birmanie, cinq ans après avoir la chute du gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi.
Isolé sur la scène internationale et critiqué par une grande partie de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean), le régime birman a donc reçu, ce week-end du 25-26 avril, un soutien sans équivoque de son voisin chinois. Pékin va « soutenir fermement » Naypyidaw dans ses efforts pour protéger sa souveraineté nationale et sa sécurité, a affirmé Wang Yi, qui a ajouté que les deux pays entendaient « perpétuer et promouvoir leur amitié traditionnelle » Ce soutien affiché est aussi guidé par les propres intérêts de la république populaire de Chine.
Stratégiquement, Pékin est favorable à la stabilité frontalière. Depuis le putsch mené il y a cinq ans, la Birmanie est en proie à une guerre civile. La Chine a joué un rôle décisif dans les trêves conclues entre les armées ethniques et la junte, le long de la frontière, où prolifèrent également côté birman des centres d’arnaques en ligne, que la Chine entend combattre aux côtés des autorités. Wang Yi a même évoqué le projet d’« éradiquer résolument et complètement le fléau » des jeux d’argent en ligne et des fraudes liées aux télécommunications.
Pékin souhaite également préserver son accès aux terres rares et au gaz, mais surtout reprendre les chantiers bloqués par les combats, autour de l’un de ses projets phares dans la région : le corridor économique stratégique qui relie la province chinoise du Yunnan à l’océan Indien.
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