Le ministre iranien des Affaires étrangères a affirmé vendredi qu’un accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient n’avait jamais été aussi proche, après que le président américain Donald Trump a accusé Téhéran de négocier de mauvaise foi.
La controverse a éclaté après la publication par des médias iraniens d’un résumé des discussions en cours. Selon ces informations, l’Iran maintiendrait son exigence de conserver le droit d’enrichir de l’uranium et de contrôler la navigation dans le détroit d’Ormuz.
Cette version diffère avec celle avancée par un haut responsable de la Maison-Blanche. Selon ce dernier, l’Iran aurait accepté de démanteler son programme nucléaire, de détruire son stock d’uranium enrichi et de rouvrir le détroit, Téhéran ne devant récupérer aucun de ses avoirs gelés avant d’avoir honoré ces engagements.
Jeudi, Donald Trump avait laissé entendre qu’un accord était imminent après des semaines de négociations laborieuses pour mettre fin à la guerre déclenchée par les frappes américano-israéliennes du 28 février. Toutefois, vendredi, il a vivement rejeté la version iranienne du projet d’accord, la qualifiant de mensongère.
« Les termes que l’Iran a fait fuiter dans les Fake News n’ont RIEN à voir avec les termes qui avaient été approuvés, par écrit. Ce qu’ils ont dit, y compris leur déclaration faible et pathétique affirmant qu’un accord existe, n’a aucun rapport avec la vérité », a-t-il écrit sur sa plateforme de médias sociaux.
Capture d’écran d’une publication sur le compte Truth Social du président américain Donald Trump, 12 juin 2026 – @realDonaldTrump
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a tenté de calmer les tenions.
« Le mémorandum d’entente d’Islamabad n’a jamais été aussi proche », a-t-il écrit dans un message sur les réseaux sociaux, en référence à la capitale pakistanaise qui a accueilli les précédents pourparlers entre les États-Unis et l’Iran.
« Dans l’attente de sa finalisation, les médias devraient s’abstenir de spéculer sur son contenu », a-t-il ajouté.
Donald Trump a ensuite publié une capture d’écran du message d’Araghchi sur son propre fil.
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a également indiqué vendredi que le texte final d’un accord de paix avait été arrêté.
« Nous pouvons confirmer qu’un texte final, accepté par toutes les parties, a été arrêté et que le Pakistan travaille désormais en étroite coopération avec les deux camps pour finaliser les prochaines étapes », a écrit Shehbaz Sharif sur X.
Il a mentionné les présidents américain et iranien ainsi que d’autres dirigeants des deux pays. Le Pakistan joue le rôle de médiateur entre les deux parties depuis des mois.
Le nucléaire iranien et le détroit d’Ormuz au coeur des discussions
Un cessez-le-feu est entré en vigueur en avril, mais des épisodes de violence sporadiques ont eu lieu, faisant chaque fois renaître la crainte d’un retour à la guerre totale, malgré les déclarations répétées de Donald Trump affirmant qu’un accord était à portée de main.
Israël, allié des États-Unis, a affirmé que Donald Trump lui avait promis que tout accord prévoirait le retrait par l’Iran de ses matières nucléaires enrichies, mais l’agence de presse officielle iranienne IRNA a indiqué que cela ne figurait même pas dans les discussions.
Selon le récit d’IRNA, après la signature d’un accord initial, l’Iran et les États-Unis mèneraient 60 jours supplémentaires de discussions et « le droit de l’Iran à enrichir de l’uranium et à conserver les matériaux enrichis… sera souligné en vue de leur inclusion dans l’accord final ».
Au-delà, toujours selon IRNA, l’Iran insisterait pour gérer le trafic dans le détroit d’Ormuz, principale voie maritime pour le transport de pétrole et de gaz depuis le Golfe, que Téhéran a placé sous blocus depuis le début de la guerre.
Une femme passe devant une fresque murale anti-américaine sur le mur de l’ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran, 12 juin 2026 – AP Photo
L’Iran, qui n’a laissé passer qu’un mince flux de navires par le détroit, a exigé que les bâtiments obtiennent l’autorisation de ses forces armées avant de le franchir.
À Téhéran, certains Iraniens ordinaires craignaient qu’un accord ne vienne conforter le pouvoir en place.
« Je ne sais pas si ce sera bon ou mauvais pour nous. Le principal objectif de cette guerre était que les États-Unis renversent le système et cela ne s’est pas produit. Alors à quoi sert un accord ? », a confié une employée de café de 29 ans, qui a requis l’anonymat par crainte de représailles.
Les contours du projet d’accord
Les exigences de l’Iran pourraient encore compliquer la finalisation d’un accord, même si l’optimisme affiché par Trump a dopé la Bourse et entraîné une chute marquée des prix du pétrole.
Jeudi, affirmant que l’accord avait été « soumis au plus haut niveau de la direction iranienne et approuvé », Trump a annulé une vague de bombardements annoncée, ajoutant : « La date et le lieu de la signature seront annoncés prochainement. »
Donald Trump a indiqué que les points de détail de l’arrangement avaient été approuvés par les États-Unis et leurs alliés dans la région, dont Israël.
Related
Vendredi, l’agence de presse iranienne Mehr, citant une source proche de l’équipe de négociation iranienne, a publié ce qu’elle présente comme le texte d’un projet d’accord en cours de finalisation.
Ce projet, explique-t-elle, mettrait fin à la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban, où Israël poursuit sa campagne contre le Hezbollah, soutenu par l’Iran, permettrait la libération de 24 milliards de dollars (20 milliards d’euros) d’avoirs iraniens gelés et fixerait une période de 60 jours pour des négociations sur le programme nucléaire de Téhéran.
Il prévoit également la suspension des sanctions visant la vente de pétrole iranien, la levée du blocus naval américain sur les ports iraniens et des dispositions pour que les États-Unis et leurs alliés versent à l’Iran des réparations pour les dommages causés par la guerre.











