Le dirigeant du Kazakhstan Kassym-Jomart Tokaïev a dit, samedi 25 juillet, au président russe que la guerre en Ukraine devait s’arrêter, une déclaration rarement adressée publiquement à Vladimir Poutine, alors que 20 personnes ont été tuées dans des frappes en Ukraine et en Russie selon les autorités des deux pays.
Quelques heures après des frappes ukrainiennes de longue portée dans le territoire russe, Kassym-Jomart Tokaïev a estimé que le conflit devait être « gelé », lors d’une rencontre retransmise à la télévision, à l’occasion de l’ouverture d’un forum de coopération entre le Kazakhstan et la Russie dans la ville sibérienne d’Omsk.
Kassym-Jomart Tokaïev, un allié de Moscou qui n’a jamais exprimé son soutien à l’invasion de l’Ukraine, a qualifié les « racines » de la guerre de « peu compréhensibles pour beaucoup, y compris pour nous ». Le président russe lui a répondu qu’il l’informerait des « détails » de la guerre.
Nouveau bilan meurtrier
Ces déclarations interviennent alors que 20 personnes ont été tuées samedi en Ukraine et en Russie, selon les autorités dépendant de Moscou et Kiev. La veille de ce nouveau bilan meurtrier, 21 personnes avaient trouvé la mort lors de frappes dans les deux pays.
L’ONU a alerté récemment sur le fait que le nombre de civils tués ou blessés dans le conflit avait bondi de 37% sur la première moitié de l’année.
Dans la partie occupée de la région de Zaporijjia, dans le sud de l’Ukraine, le responsable installé par Moscou a affirmé qu’une attaque ukrainienne sur un village littoral au bord de la mer d’Azov avait tué douze personnes, dont quatre enfants.
Evguéni Balitsky a déclaré qu’un « camp touristique » avait été touché dans le village de Kyrylivka, pris par l’armée russe dans les premiers jours de son offensive, ajoutant que 19 personnes avaient été blessées.
La porte-parole de la diplomatie russe a « condamné résolument ces crimes inhumains », faisant référence à Kyrylivka et à une autre frappe ayant visé vendredi une usine à Kirov.
Kiev n’a pas réagi dans l’immédiat. L’Ukraine a multiplié ses frappes sur la mer d’Azov ces derniers mois, visant des navires russes. Les responsables locaux russes ont en outre rapporté la mort de deux personnes dans la région frontalière de Belgorod et d’une autre dans la partie occupée de la région de Kherson.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a de son côté annoncé qu’une frappe de drone sur un site postal dans la ville de Soumy (nord-est) avait tué trois conducteurs. Deux autres personnes sont mortes dans des frappes russes dans le sud de l’Ukraine, selon les autorités locales.
Une raffinerie touchée… en Sibérie
Loin du front, le gouverneur de la région sibérienne de Tioumen, à 1 700km à l’est de la capitale russe, a indiqué qu’une raffinerie avait pris feu, tandis que la fédération russe d’athlétisme a annoncé qu’une compétition nationale à Iekaterinbourg, dans la région voisine, avait été interrompue en raison d’une menace de drones.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a revendiqué l’attaque visant la raffinerie et ajouté qu’une usine à Kirov, plus à l’ouest, dont il a affirmé qu’elle « fournit des composants pour les armes russes », avait été frappée une seconde fois, au lendemain d’une attaque qui y avait tué cinq personnes.
Déjà frappé à trois reprises en une semaine, le géant russe de la vente en ligne Wildberries a annoncé avoir évacué son personnel à Iekaterinbourg, le travail étant « suspendu » mais sans que le bâtiment n’ait été endommagé.
L’Ukraine vise de plus en plus des villes russes éloignées en représailles aux frappes quotidiennes de Moscou dans le cadre de son offensive lancée en février 2022.
Cette campagne, que Kiev voit comme une façon d’affaiblir l’effort de guerre et de pousser Moscou à négocier, a principalement visé les infrastructures pétrolières russes et déclenché une crise du carburant dans l’un des plus grands pays producteurs de pétrole au monde.
Avec AFP




