dimanche, mai 24

La lumière au bout du tunnel ? Après des discussions (enfin) fructueuses pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, les États-Unis et l’Iran cherchent ce dimanche 24 mai à finaliser un accord de paix. Toutefois, les revirements presque quotidiens de Donald Trump – qui se disait encore il y a quelques jours prêt à reprendre les frappes contre l’Iran – incitent à la plus grande prudence.

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Le président des États-Unis a évoqué samedi un compromis « largement négocié » qui prévoirait notamment la réouverture du détroit d’Ormuz. Mais dimanche, il a tempéré son discours et les espoirs d’un accord imminent en déclarant sur Truth Social : « J’ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur ».

Quelques heures plus tôt, son secrétaire d’État américain, Marco Rubio, très optimiste, avait déclaré qu’une annonce était possible plus tard dans la journée de dimanche concernant un accord avec l’Iran : « Je pense qu’il est peut-être possible que, dans les prochaines heures, le monde reçoive une bonne nouvelle ».

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a affirmé, de son côté, que Téhéran était en « phase de finalisation » d’un protocole d’accord avec Washington. « Cela ne signifie pas nécessairement que nous et les États-Unis parviendrons à un accord sur les questions importantes », a souligné Esmaïl Baghaï, précisant que le dossier nucléaire ne faisait pas partie « à ce stade » de l’accord en discussions. Le HuffPost fait le point sur cette percée dans les négociations et les points principaux compris dans cette ébauche d’accord.

• Moins de sanctions contre l’Iran

D’après la presse américaine, cet accord assouplirait les sanctions pesant sur l’Iran. Selon CBS News, qui cite des sources proches des discussions, la dernière proposition comprendrait le dégel de certains actifs iraniens dans des banques à l’étranger et la poursuite des négociations pour 30 jours supplémentaires. Un délai que rapporte également le Wall Street Journal.

• Réouverture d’Ormuz

Cet accord permettrait aussi aux navires de franchir à nouveau Ormuz, détroit vital pour l’économie mondiale. Il prévoit en effet la levée du blocus naval imposé par les États-Unis aux ports iraniens et de l’autre blocus imposé par l’Iran depuis le début de la guerre lancée par les États-Unis et Israël le 28 février.

Le projet d’accord avec l’Iran « sous réserve d’être finalisé » inclut la réouverture du détroit d’Ormuz, a confirmé le président américain Donald Trump, dans un message sur sa plateforme Truth Social. Sa publication est intervenue après une discussion au téléphone avec de nombreux dirigeants d’États du Golfe, mais aussi de Turquie, d’Égypte, de Jordanie, et du Pakistan. Des sources iraniennes au fait des négociations, citées par l’agence de presse Fars, affirment que l’accord prévoit bien un déblocage du détroit mais que ce dernier resterait contrôlé par l’Iran.

• Les questions du nucléaire et Liban pas résolues

L’accord discuté ne règle en revanche pas la question de la façon dont l’Iran se débarrasserait précisément de ses stocks d’uranium enrichi, qui ferait l’objet d’un prochain cycle de négociations « dans les semaines ou mois à venir », a rapporté le New York Times en s’appuyant sur des responsables américains.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, de son côté, a dit dimanche être convenu avec M. Trump que tout accord final avec l’Iran devait « éliminer entièrement la menace nucléaire », selon un communiqué après un entretien téléphonique samedi soir entre les deux alliés.

Autre point crucial qui ne semble pas figurer dans l’accord : la question du Liban, où l’armée israélienne, qui a perdu samedi un 22e soldat depuis le début de la guerre avec le Hezbollah pro iranien, multiplie les raids et appels à évacuer dans le sud du Liban. Et ce, malgré un cessez-le-feu ayant démarré le 17 avril.

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur dans ces négociations, a alimenté dimanche le scénario d’une résolution du conflit en plusieurs temps, en déclarant espérer « accueillir très prochainement la prochaine séance de négociations ». Une première séance de pourparlers, infructueuse, s’était tenue à Islamabad le 11 avril entre hauts responsables américains et iraniens.

L’apparent rapprochement des belligérants est intervenu après des semaines de blocages et de menaces. Plus tôt samedi, Donald Trump avait estimé à « 50-50 » les chances d’un « bon » accord ou d’une reprise de la guerre, auprès du média Axios. Le même jour, le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, avait promis une réponse « écrasante » si les États-Unis reprenaient leur guerre contre l’Iran.

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