dimanche, juin 14

Chères lectrices, chers lecteurs,

C’est une semaine lourdement marquée par l’actualité judiciaire qui s’achève. Elle a commencé par la garde à vue de Patrick Bruel le lundi 8 juin. Puis s’est poursuivie par sa mise en examen quarante-huit heures plus tard pour viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel. Une affaire qui suscite les commentaires non seulement de nos voisins francophones, mais aussi de toute la presse européenne. C’est le quotidien belge Le Soir qui pose cette question centrale : “Pourquoi les premiers signalements apparus en 2019 n’ont-ils pas donné lieu à des investigations plus approfondies ?”

La lenteur des procédures judiciaires, les dysfonctionnements de la police et de la justice, c’est précisément ce qui est désormais au cœur de l’autre affaire qui bouleverse la France depuis plusieurs semaines : le meurtre de la petite Lyhanna. “C’est une affaire qui bouleverse la France et tourne au scandale judiciaire”, résume l’hebdomadaire allemand Der Spiegel. Un scandale qui suscite des commentaires de nos confrères européens, et même argentins. Leurs réactions sont à retrouver ici.

Il s’agit là d’“un choc national qui dépasse le fait divers”, renchérit de son côté Jolien De Bouw, correspondante en France du journal belge De Standaard, que nous avons interrogée au sujet de cette affaire. Elle dresse un parallèle avec l’affaire Dutroux, qui a marqué un tournant en Belgique dans les années 1990 : “La ressemblance, c’est vraiment le sentiment que les institutions ont échoué à protéger des enfants. En Belgique, l’indignation venait du fait que Marc Dutroux était déjà connu de la justice pour des faits sexuels graves, avant les enlèvements, [les viols] et les meurtres de plusieurs jeunes filles. Il avait déjà été arrêté, il avait même été condamné, mais il a toujours été libéré de façon anticipée – la première fois au bout de trois ans, au lieu des treize ans de peine qu’il avait reçus. Ça a donné une énorme colère en Belgique, qu’on observe maintenant aussi, à un autre degré, en France.” L’interview, dans son intégralité, est à lire ici.

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