- Après les violences qui ont accompagné les mobilisations du 17 octobre, Jean-Luc Mélenchon a mis en cause sur LCI le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.
- Le candidat LFI a assuré que seuls 10.000 policiers et gendarmes avaient été déployés ce jour en France, alors que 14.000 étaient sur le terrain, uniquement à Paris, pour la venue du pape fin septembre.
- Le chiffre relayé par le leader des Insoumis se révèle six fois inférieur à la réalité, mais il faut souligner qu’il a initialement été partagé par plusieurs médias.
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Invité de LCI dimanche, Jean-Luc Mélenchon est revenu sur la mobilisation du 17 octobre et sur les violences qui ont été observées dans plusieurs villes de France en marge des cortèges. Le leader de La France insoumise a mis en cause le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, estimant que ce dernier avait échoué dans sa mission de prévenir le « désordre »
. Un « amateurisme »
, selon ses mots, qui s’est traduit par le déploiement d’un trop faible nombre de forces de l’ordre.
Le ministre « est capable de mettre 14.000 personnes dans la seule ville de Paris pour accueillir dignement le pape et en toute tranquillité »
, a lancé (nouvelle fenêtre) le candidat LFI à la présidentielle, tandis que seuls « 10.000 »
policiers et gendarmes ont été déployés à travers « toute la France »
le 17 octobre, a-t-il poursuivi.
Au total, 60.000 policiers et gendarmes ont été mobilisés
Il a fallu attendre ce lundi 19 octobre pour connaître le nombre précis de policiers et gendarmes qui ont été mobilisés dans le cadre des rassemblements. Sollicité par TF1info, le ministère de l’Intérieur explique ainsi qu’environ 60.000 forces de l’ordre étaient sur le terrain pour garantir la sécurité des manifestants et prévenir les violences. Ce chiffre, Laurent Nuñez l’a aussi mis en avant (nouvelle fenêtre) au micro de France Inter, reconnaissant que le « dispositif mis en place s’est trouvé en certains endroits en asymétrie par rapport au volume de participants »
, qu’il s’agisse des « manifestants »
ou des « casseurs »
.
En évoquant le déploiement de 10.000 policiers et gendarmes, Jean-Luc Mélenchon a donc partagé au lendemain de la mobilisation un chiffre six fois inférieur à la réalité. Pour autant, il faut reconnaître qu’au moment de son intervention sur LCI le 18 octobre en fin de journée, aucune communication officielle du ministère de l’Intérieur ne fournissait le détail des forces de l’ordre qui avaient été mobilisées la veille.
Notons par ailleurs que le chiffre de 10.000 agents a été relayé par au moins deux médias lors des manifestations.
Laurent Nuñez assume des moyens plus réduits que lors du mouvement des Gilets jaunes
Il y a quelques semaines, lors de la venue du pape Léon XIV en France, il est exact que 14.000 membres des forces de sécurité ont été déployés à Paris pour préparer l’arrivée du souverain pontife. Un chiffre communiqué (nouvelle fenêtre) officiellement par le ministère, et qui se révèle assez nettement inférieur à celui relatif aux manifestations du 17 octobre à l’échelle du pays.
Il est toutefois possible de se référer à d’autres épisodes de mobilisation, qui avaient conduit à un vaste déploiement de policiers et gendarmes. Lors du mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre 2025, Bruno Retailleau (alors ministre de l’Intérieur) avait annoncé (nouvelle fenêtre) un dispositif de sécurité « exceptionnel »
de 80.000 agents à travers le pays. Deux ans plus tôt, à l’occasion des festivités des 13 et 14 juillet 2023, ce sont « 130.000 policiers et gendarmes »
qui avaient été déployés (nouvelle fenêtre). Une décision qui était justifiée à l’époque par la tension dans le pays, dans la foulée des émeutes engendrées par le décès du jeune Nahel. Aux côtés des forces de l’ordre, quelque 34.000 sapeurs-pompiers avaient aussi été appelés.
Notons enfin que lors du mouvement des Gilets jaunes, on a compté jusqu’à 120.000 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers mobilisés. Ce fut par exemple le cas le samedi 8 décembre 2018, à l’occasion de l’acte IV du mouvement, rapportait (nouvelle fenêtre) un communiqué ministériel.
Si les autorités n’ont pas jugé nécessaire ces derniers jours de faire appel à autant de forces de sécurité pour encadrer les mobilisations du 17 octobre, Laurent Nunez refuse les comparaisons avec d’autres mouvements sociaux tels que les Gilets jaunes ou « Bloquons tout ». « Ça n’a absolument rien à voir »
, a-t-il lancé sur France Inter. « C’étaient des actions qui appelaient à bloquer le pays, on n’était pas sur des manifestations déclarées »
. Lors de ces mouvements sociaux, il était question de « bloquer le périphérique, les ronds-points, les gares, les axes structurants »
, a poursuivi le ministre. Durant le mouvement des Gilets jaunes, a-t-il poursuivi, on enregistrait « beaucoup plus d’exactions […] on ne savait même pas où ils allaient défiler »
.
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