mardi, juin 9

  • Les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l’humanité de l’Unesco, ont été endommagées par des frappes israéliennes, a annoncé lundi le ministre de la Culture du Liban.
  • Depuis le début de la guerre, les autorités redoutent des dommages irréversibles sur l’une des plus anciennes cités du monde méditerranéen.

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Tyr sous le feu israélien. Cette ville située au sud du Liban a été visée ce mardi 9 juin par Tsahal, qui soupçonne des membres du Hezbollah de se cacher au sein de la population. Un temps épargnée, la cité est désormais régulièrement frappée, laissant craindre une aggravation du bilan humain mais aussi des pertes inestimables pour les ruines antiques.

Située sur la côte, à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec Israël, Tyr est en effet l’une des plus anciennes cités du monde méditerranéen. Durant l’Antiquité, la ville fut en effet un important port phénicien. Elle est à l’origine de la fondation de colonies comme Cadix et Carthage et c’est là que, selon la légende, la pourpre fut découverte. La cité a ensuite été conquise par Alexandre le Grand, avant de devenir une ville grecque d’abord, puis romaine. Elle conserve d’importants vestiges datant principalement de cette époque, ainsi que des constructions médiévales érigées durant les Croisades.

Des sites protégés par l’Unesco

Tyr compte deux sites protégés inscrits depuis 1984 au patrimoine mondial de l’Unesco, présentant notamment des vestiges de l’Empire romain, un arc de triomphe et un hippodrome datant du IIe siècle. Ces vestiges sont au cœur de vives préoccupations de la part des Nations unies depuis les frappes israéliennes ciblant le Hezbollah. De « légers dommages » avaient déjà été constatés à l’extérieur du site archéologique en novembre 2024.

En mars dernier, alors que les bombes pleuvaient à nouveau au Liban, l’Unesco a lancé l’initiative « Boucliers bleus ». Elle concerne une trentaine de sites dans le pays, dont celui de Tyr. C’est d’abord un message adressé à l’armée israélienne : la convention de La Haye de 1954 oblige en effet à préserver les biens culturels en cas de conflit armé.

Le 6 mars, une frappe israélienne s’est abattue à quelques mètres des poteries anciennes. Huit personnes, une famille entière, ont été tuées, selon les autorités. Leur maison a été pulvérisée par l’explosion. Détail macabre : l’équipe venue inspecter d’éventuels dégâts sur les monuments a découvert des restes humains sur le toit du musée encore en construction, avait affirmé à l’AFP le directeur des fouilles archéologiques.

Les ruines de Tyr ont à nouveau été endommagées par des frappes, a annoncé ce lundi le ministre de la Culture du Liban. « Certains artéfacts archéologiques ont été endommagés lorsque des gravats les ont atteints, car une pluie de débris est tombée sur un vaste périmètre« , atteignant « colonnes, chapiteaux, bases de colonnes, mosaïques« , a énuméré un responsable. Il s’agit du « plus grand dommage au site depuis le début de la guerre« , a regretté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du pays. Depuis le début de la nouvelle guerre au Liban début mars entre le Hezbollah et Israël, les frappes israéliennes ont fait plus de 3.600 morts selon les autorités.

T.G.

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