mardi, avril 14

  • Quelques jours après leur retour en France, Cécile Kohler et Jacques Paris ont accordé un entretien au 20H de France 2.
  • Les deux ex-otages français sont revenus sur leurs conditions de détention pendant plus de trois ans.

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Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus en Iran depuis mai 2022, de retour en France

Près de quatre ans de calvaire en Iran. Au dernier jour d’un voyage touristique, Cécile Kohler et Jacques Paris ont été arrêtés le 7 mai 2022. S’en sont suivis de très longs mois de détention dans des conditions inhumaines. Revenus en France le 8 avril dernier, et heureusement « en excellente forme mentale et physique », les deux Français expriment un « immense soulagement et un immense bonheur ». « La liberté est sans prix. Lorsque l’on a été privés de tout, on s’émerveille de chaque chose », affirme Jacques Paris. 

« Des conditions inhumaines »

Invités du 20H de France 2, lundi 13 avril, les enseignants sont revenus sur leur calvaire interminable dans la section 209 de la prison d’Evin, que Téhéran a tenté de prolonger par tous les moyens. Cécile Kohler évoque des « conditions inhumaines » et un « processus de déshumanisation totale ». « Il n’y avait absolument rien dans la cellule. On a dormi par terre, sans lit ni matelas. Je n’avais même pas un vêtement à moi, ou une brosse à dents. On m’a privée de tout ce qui faisait mon identité », explique-t-elle, disant avoir « (perdu) tous ses repères » et avoir été « complètement seule ». « L’univers s’est réduit à 9 mètres carrés. C’est un protocole systématique pour vous désorienter dans le temps et dans l’espace », abonde son compagnon, selon qui « tout était interdit dans les cellules »

Les geôliers ont également tout fait pour perturber le sommeil des prisonniers. « Pendant trois ans et demi, on n’a pas vu le noir », raconte Jacques Paris, « jour et nuit, on était sous une lumière ». L’homme de 72 ans relate des « troubles du sommeil provoqués », lesquels conduisent à des « troubles de l’alimentation ». « Tout le fonctionnement vous met dans un état d’incertitude maximum », poursuit-il.

« Des menaces en permanence »

L’entreprise de terreur ne se limitait pas à la seule cellule. Les désormais ex-otages ont subi « des menaces en permanence ». « On nous menaçait de dégrader les conditions de notre détention, de pendaison et de nous envoyer dans des endroits où on ne survivrait pas », souligne Cécile Kohler. Jacques Paris assure qu’à « chaque interrogatoire, (il) recevait des menaces de mort ». De quoi créer un état de « tension permanente »

Chaque sortie provisoire de leur cellule – pour aller aux toilettes par exemple – s’accompagnait, en plus, du port d’un bandeau sur les yeux. « Dès que vous mettiez un pied en dehors, vous aviez un bandeau sur les yeux. Il était placé de telle manière qu’on ne voyait que nos pieds », explique l’enseignant retraité. Sa compagne se souvient d’une sortie, un jour, au tribunal, où ce bandeau n’était pas nécessaire. « C’était la première fois que je pouvais aller aux toilettes sans bandeau depuis le début de mon incarcération et j’ai eu le sentiment qu’il me manquait quelque chose », indique-t-elle. 

Heureusement, le couple avait « la conviction qu’on ne nous laisserait pas tomber ». « Pour nos familles, nos amis, les inconnus qui se battent, il ne faut pas lâcher, ils ne nous détruiront pas », se sont alors dit les deux Français. Une volonté de fer et une résilience qui leur ont permis de retrouver le chemin de la liberté. 

M.G

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