- En pleine saison des feux, des pompiers de Gironde ont alerté sur un effet pervers de l’AdBlue.
- Ce dispositif antipollution est imposé aux moteurs diesel modernes.
- Il peut être « contraignant » dans la lutte contre les flammes, regrette la Sécurité civile.
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Canicule, vagues de chaleur, sécheresse, incendies… Un été 2026 de tous les dangers en France
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Un système bon pour l’environnement qui mettrait en danger la protection de nos forêts. C’est peu ou prou le paradoxe devant lequel se sont trouvés les pompiers girondins. Alors qu’ils luttent depuis le début de l’été (nouvelle fenêtre)contre plusieurs incendies, leur chef, Marc Vermeulen, a interpellé la préfecture ce 3 juillet. Au cours d’un déplacement à Saint-Aubin-de-Médoc, le chef du SDIS 33 a renouvelé sa demande pour que les camions de pompiers échappent aux normes antipollution.
Les fourgons soumis à des règles anti-pollution
Dans la presse locale (nouvelle fenêtre), Marc Vermeulen a expliqué que les engins rouges et jaunes devaient être équipés d’AdBlue. Derrière ce nom, un additif utilisé dans le catalyseur des véhicules diesel. Injecté dans le traitement des gaz d’échappement des engins, ce mélange composé d’eau déminéralisée et d’urée est capable de réduire jusqu’à environ 85% (nouvelle fenêtre)les émissions d’oxydes d’azote (NOx), troisième gaz à effet de serre après le dioxyde de carbone et le méthane.
Pour respecter les normes européennes anti-pollution, les véhicules diesel sont désormais tous dotés d’un réservoir d’AdBlue, qui doit être régulièrement rempli. En cas de défaillance ou de réservoir vide, le tableau de bord affiche d’abord une alerte, puis le dispositif de diagnostic embarqué limite le couple moteur. Résultat : (nouvelle fenêtre)les capacités d’accélération et de démarrage sont réduites. Certains conducteurs peuvent même voir leur vitesse fortement bridée.
Une règle à laquelle les véhicules de sapeurs-pompiers sont soumis. « Achetés sur le marché grand public »
, ils doivent en effet respecter « cette réglementation »
européenne, comme le confirme la Direction générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC). « Dans certains cas, ce système peut être déconnecté mais uniquement de façon provisoire »
, précise la direction. « Le réservoir de produit doit être complété régulièrement pour éviter que le véhicule tombe en panne pendant le roulage. »
Un système « très contraignant » pour les pompiers
Mais si la voiture d’un particulier consomme en moyenne trois à cinq litres d’AdBlue (nouvelle fenêtre)pour 100 litres de diesel, le fourgon d’incendie est bien plus gourmand. Si bien que selon le témoignage de Marc Vermeulen, des pompiers ont parfois été obligés de quitter leur terrain d’opération pour se réapprovisionner. Des arrêts techniques qui deviennent de réels freins à l’efficacité des secours.
Auprès de TF1info, la Sécurité civile reconnaît que le système est « très contraignant, voire incompatible avec l’engagement opérationnel des véhicules »
, notamment pendant la saison des feux de forêt (nouvelle fenêtre). Selon les éléments de la direction, tous les départements sont concernés, mais ils se sont « organisés pour ne pas rencontrer des situations où le fonctionnement des moteurs des véhicules serait engagé en mode dégradé ».
À ce stade, « aucun dysfonctionnement »
n’a donc été relevé, rassure la Sécurité civile. C’est pour éviter toute complication que la DGSCGC indique avoir engagé depuis 2024 des travaux avec le ministère chargé de la Transition écologique pour trouver une solution adaptée aux secours.
REPORTAGE – Une nuit au coeur du feu avec les pompiersSource : TF1 Info
Parmi les pistes évoquées figure « l’accès à des châssis disposant d’une motorisation inférieure à Euro 6″.
Une solution qui n’est pas si simple à mettre en place. Celle-ci dépendra de la capacité des industriels « à fournir ce type de véhicules »
dans un contexte d’évolution des chaînes de production centrées « sur le verdissement de la flotte automobile »
.
La Sécurité civile étudie également la possibilité de porter cette dérogation au niveau européen, afin de l’intégrer directement aux textes. À l’image des véhicules des forces armées « exclus du champ d’application de ce règlement ».




