- Parti d’Espagne, le skipper Anatole Facon a été victime d’une terrible mésaventure au beau milieu de l’Atlantique.
- La cloison arrière du navire du jeune homme de 25 ans s’est trouée à la suite d’une collision avec une baleine.
- Toujours en mer, le Breton explique à TF1info que l’incident avait complètement bouleversé sa tentative d’atteindre les Bahamas en 20 jours.
Une immense déception, mais « une sacrée histoire à raconter
« , s’est amusé, ce vendredi 15 mai auprès de TF1info, le skippeur breton Anatole Facon. Deux jours plus tôt, le jeune homme de 25 ans a semé un vent de panique sur les réseaux sociaux. Parti depuis neuf jours du port de Cadix, en Espagne, en direction des Bahamas, avec l’ambition de battre le record de 21 jours de La route de la Découverte, ce parcours utilisé en voile pour l’un des nombreux records transocéaniques homologués, Anatole Facon a connu une mésaventure. « Je suis au milieu de l’Atlantique et je suis en train de couler »
, l’entend-on paniquer sur une vidéo partagée sur son compte Facebook. Sur les images, on peut apercevoir un trou de la taille d’un ballon de football qui laisse passer l’eau à l’arrière de son bateau.
Après avoir passé les îles Canaries, Anatole Facon est entré en collision avec une baleine. « J’étais très rapide, j’allais à 17 nœuds (35 km/h). Tout d’un coup, j’ai tapé très fort, comme lors d’un accident de mobylette. J’ai aperçu la queue de la baleine et j’ai compris. Elle était d’un âge adulte, donc un poids estimé à 100 tonnes. Mon bateau de 4 tonnes et demie ne pouvait pas faire le poids »
, explique Anatole Facon à TF1info depuis le pont de son bateau de moins de 12 mètres, le class40 Good morning pouce.
Je me suis allongé et j’ai pas mal pleuré
Je me suis allongé et j’ai pas mal pleuré
Anatole Facon, skippeur breton, à TF1info
Un sacré coup de queue qui a « arraché le tableau arrière du bateau »
, s’est remémoré le jeune homme. « Il y avait 53 mètres de vagues, de l’eau rentrait et je n’arrivais plus à diriger. Se retrouver seul dans cette situation, alors que la mer était agitée, ce n’est pas évident »
, a-t-il admis. Pour ne pas couler, pas d’autre choix que de passer à l’action. « Après cinq à six heures de travaux, je me suis allongé et j’ai pas mal pleuré. Ce sont des semaines de préparation tombées à l’eau, tout d’un coup tout s’arrête »
, a déploré le Breton, qui cherche toujours à atteindre la terre ferme.
L’équipe du jeune homme, qui suit de très près ses (més)aventures en mer, a « hésité »
a annoncer publiquement que le skipper avait heurté un cétacé, par crainte de la réaction des internautes. « C’est lui qui a voulu le dire »
, a souligné à TF1info Victor Jost, colocataire et gestionnaire de projet du skipper de 25 ans. « Ça lui a fait du mal de toucher une baleine, qui a dû être blessée lors de la collision. Mais malgré notre peur, il a reçu énormément de messages de soutien »
, s’est étonné Victor Jost.
Déçu mais pas vaincu
Le trait est tiré sur la tentative de battre le record de la Route de la Découverte. Mais faut-il encore arriver à bon port avec un navire abîmé. « Un défi dans le défi »
, s’est amusé le skipper de 25 ans. Il est en route pour l’archipel des Açores, une région autonome du Portugal située au milieu de l’Atlantique qu’il devrait atteindre dans cinq jours. C’est le vent qui a choisi sa destination, alors que son bateau reste « inutilisable à 50% »
, en raison de l’un des deux safrans cassés. Ainsi, il ne navigue que d’un côté, « avec le vent qui vient de tribord, en faisant pencher le bateau sur le côté à l’aide des voiles. »
« C’est difficile de garder le moral. La résilience en mer se construit avec les années »
, a-t-il confié, se languissant de sa Bretagne natale, où il devrait accoster « d’ici à quinze jours »
, a estimé le skipper. Les embruns de l’Atlantique lui ont permis de garder la tête froide : il pense déjà à son futur projet. Le Breton a l’ambition de battre le record du tour du monde en solitaire en 139 jours, dont le départ, selon la météo, devrait s’organiser « en novembre prochain »
. Tout en maintenant son cap vers les Açores, Anatole Facon pense déjà à ses prochains sponsors. Sur une somme de 400.000 euros, il ne lui manque que la moitié. « La vie m’a toujours appris à ne rien lâcher »
, a martelé le jeune skipper.




