DIPLOMATIE – La France a justifié son abstention à l’ONU sur une résolution qualifiant la traite des Africains réduits en esclavage de crime le plus grave contre l’humanité. Jean-Noël Barrot refusant de hiérarchiser les crimes
La France a expliqué son abstention lors d’un vote à l’ONU portant sur une résolution qualifiant la traite des Africains réduits en esclavage de « crime le plus grave contre l’humanité ». En déplacement à Lomé, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a défendu une position fondée sur le refus d’établir une hiérarchie entre les crimes contre l’humanité.
« Si nous nous sommes abstenus sur cette résolution, c’est parce que nous refusons de créer une hiérarchie entre les crimes contre l’humanité, de mettre en compétition les souffrances que ces abominations et ces crimes continuent de provoquer aujourd’hui », a-t-il déclaré à l’AFP. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’un travail de mémoire, estimant « qu’il est indispensable […] de pouvoir faire ce travail de mémoire et de vérité sur notre passé ».
Relations avec le Togo également au programme
Adoptée fin mars avec 123 voix pour, la résolution – soutenue notamment par le président ghanéen John Mahama – appelle à reconnaître « la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains » comme « les plus graves crimes contre l’humanité ». Elle prévoit également des mesures de réparation, telles que des excuses formelles, des compensations et la restitution de biens culturels.
En marge de cette position diplomatique, Jean-Noël Barrot a évoqué les relations avec le Togo. « J’ai plaidé pour que cette suspension soit levée au plus vite. C’est dans l’intérêt de toutes les parties », a-t-il(…)
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