- Un procès devant la cour d’assises des Hauts-de-Seine a été requis contre le tueur en série, a annoncé vendredi le parquet du pôle « cold cases » de Nanterre.
- Cette affaire concerne le meurtre de Jean-Joseph Clément en août 1989 à Bédarrides (Vaucluse).
- Cet agriculteur avait été retrouvé le crâne fracassé par une pierre.
Onze homicides commis entre 1984 et 1992, date à laquelle Francis Heaulme a été incarcéré. Voilà le nombre de condamnations dont a écopé le « routard du crime ». Et les affaires judiciaires ne sont peut-être pas terminées pour le tueur en série. Un procès devant la cour d’assises des Hauts-de-Seine a été requis contre Francis Heaulme pour le meurtre de Jean-Joseph Clément (nouvelle fenêtre) en 1989 dans le Vaucluse, a annoncé le parquet du pôle « cold cases » de Nanterre ce vendredi 24 avril dans un communiqué.
Ce réparateur en machines agricoles âgé de 60 ans avait été retrouvé le crâne fracassé par une pierre le 7 août 1989. Comme le rappelle franceinfo (nouvelle fenêtre), ce jour-là, Jean-Joseph Clément quitte pour la dernière fois son domicile situé à Pierrelatte, dans la Drôme. Au volant de la voiture de sa concubine, il part, comme souvent, pour Avignon, à 60 km plus au sud, pour acheter une pièce mécanique. Le corps de Jean-Joseph Clément est retrouvé le lendemain, à Bédarrides, une commune à proximité d’Avignon. Il n’a plus son pantalon. Sa tête ensanglantée est couverte de plaies. Cet homme a succombé à des coups mortels. Son corps a été traîné, tandis que sa voiture est enlisée un peu plus loin.
Francis Heaulme était dans les environs le jour du drame : il avait été contrôlé par les gendarmes à quelques centaines de mètres de la scène de crime. Il leur avait expliqué qu’il avait passé la nuit précédente au centre Emmaüs de Marseille, puis qu’il a été pris en stop jusqu’à Orange, avant de se diriger vers Courthézon, une commune du Vaucluse au-dessus de Bédarrides.
Un aveu… et une rétractation
Dans ce dossier, Francis Heaulme a avoué le meurtre puis s’est rétracté. Il avait ainsi été mis en examen pour le meurtre de Jean-Joseph Clément une première fois en 1992, mais une ordonnance de non-lieu avait été rendue en 2002 par un juge d’instruction du tribunal de Reims. L’instruction a ensuite été rouverte en juillet 2023, entraînant une nouvelle mise en examen de Francis Heaulme. Le tribunal de Reims s’est ensuite dessaisi en février 2024 au profit du pôle dédié aux crimes sériels ou non élucidés de Nanterre.
« C’est une étape importante dans la bagarre que mène Mme Clément pour savoir ce qui est arrivé à son père et faire juger Francis Heaulme »
, a réagi ce vendredi auprès de l’AFP le conseil de la fille de la victime, Didier Seban, qui espère que le suspect sera « en état d’être jugé »
. « On a perdu des années du fait de l’inertie de la justice »
, « on a mis presque trois ans avant d’obtenir que (le dossier) soit rouvert à Reims »
, a regretté l’avocat, qui a cependant salué « la détermination des magistrats »
du pôle dédié aux « cold cases » de Nanterre.
Début avril 2026, le tueur en série a été hospitalisé à Nancy (Meurthe-et-Moselle), avait annoncé le parquet, sans donner davantage de précisions sur son état de santé. Francis Heaulme est actuellement détenu à la maison centrale d’Ensisheim (Haut-Rhin), aux côtés de Dominique Pelicot, Nordahl Lelandais ou Guy Georges, où il purge plusieurs peines de prison, notamment à perpétuité.
« Nous alertons depuis des années les magistrats du risque de ne plus pouvoir juger Monsieur Francis Heaulme, à l’instar de Michel Fourniret »,
tueur en série décédé en 2021 avant d’avoir pu être jugé dans certains dossiers, a mis en garde le 1ᵉʳ avril à l’AFP Me Marine Allali, qui représente la famille de Jean-Joseph Clément avec Me Didier Seban. « Nous sommes inquiets de ces nouvelles sur l’état de santé du mis en examen. Nous espérons qu’il sera en état d’être jugé. »











