jeudi, avril 30

  • Laurent Degallaix, tout juste réélu maire de Valenciennes, a été condamné ce jeudi à cinq ans d’inéligibilité avec effet immédiat, pour prise illégale d’intérêts et subornation de témoin.
  • Il doit donc quitter tous ses mandats électifs en cours, même s’il décidait de faire appel.
  • L’édile a également été condamné à deux ans de prison avec sursis et 20.000 euros d’amende.

Réélu en mars dernier, l’édile (Horizons) de Valenciennes (Nord) va devoir quitter son poste. Maire de la commune depuis 2012, Laurent Degallaix a été condamné ce jeudi 30 avril à deux ans de prison avec sursis, 20.000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité avec effet immédiat pour prise illégale d’intérêts et subornation de témoin.

Avec cette peine d’inéligibilité avec « exécution provisoire », qui est conforme aux réquisitions du parquet, le maire, également président de l’agglomération valenciennoise (200.000 habitants), doit quitter tous ses mandats électifs en cours, même s’il faisait appel.

Un « dieu qui décide tout » à Valenciennes

Pour rappel, il était reproché à Laurent Degallaix d’avoir fait pression pour faire embaucher dans une société en charge du stationnement dans la commune une femme avec qui il avait une relation intime, puis d’avoir tenté de la convaincre d’abandonner une plainte qu’elle avait déposée contre lui. Il était également accusé d’avoir, en utilisant son statut de maire, accéléré le licenciement d’une autre femme, proche d’opposants politiques.

Le parquet, assurant que l’image renvoyée par le maire de 60 ans était celle du « dieu qui décide tout » à Valenciennes, avait demandé un an d’emprisonnement avec détention à domicile sous surveillance électronique, une amende de 25.000 euros et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Le procureur avait souligné à l’audience la « gravité des manquements » qui ont « porté atteinte à l’image des fonctions électives » ainsi que la « réitération » des faits, Laurent Degallaix ayant déjà été reconnu coupable d’une infraction du même type.

Son avocat, Me Philippe Simoneau, après avoir tenté en vain, des heures durant, d’obtenir un report du procès après les élections, avait dénoncé des réquisitions « totalement disproportionnées » s’apparentant à une « exécution politique ». L’avocat des parties civiles, Me Joseph Breham, avait estimé à l’inverse que les réquisitions étaient « parfaitement logiques ».

N.K avec AFP

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