Le visage de la riposte. Ministre de la Santé depuis le mois d’octobre, Stéphanie Rist incarne le gouvernement dans sa gestion du hantavirus, depuis l’annonce de la contamination d’une Française et de la présence de plusieurs cas contacts sur notre sol. Un rôle crucial pour cette rhumatologue de profession, entrée en politique en 2017, et qui a déjà mené plusieurs batailles sensibles.
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En quelques jours, la ministre de 52 ans, peu connue du grand public, s’est invitée au journal de 20 heures, sur France 2, une grand-messe réservée aux personnalités d’envergure, avant de donner une première conférence de presse en compagnie d’épidémiologistes et autres spécialistes sanitaires, diffusée sur toutes les chaînes d’info. Elle a également répondu au feu roulant des questions des députés, en audition à l’Assemblée nationale.
Ce jeudi 14 mai, c’est elle, à nouveau, qui communique sur l’état de santé des personnes déclarées comme « cas contacts » d’un malade positif au hantavirus, et placées à l’isolement en milieu hospitalier. Ces patients ont « tous été testés négatifs, sans exception », a-t-elle annoncé sur les réseaux sociaux, ajoutant qu’il est désormais « permis d’exclure toute contamination antérieure d’autres personnes, à ce stade des travaux scientifiques. »
Parlementaire engagée
Pour Stéphanie Rist, il s’agit d’une première épreuve corsée au gouvernement. Mais la rhumatologue, cheffe de pôle au centre hospitalier d’Orléans, en a déjà connu d’autres à l’Assemblée nationale. Élue députée dans le Loiret en 2017, avec la vague des profils En Marche issus de la société civile, réélue en 2022, 2024 et 2026, après une législative partielle, elle est devenue un pilier appliqué et discret au Palais Bourbon.
Comme parlementaire, celle qui présente son ascension politique comme un « motif d’espoir » pour les personnes dys, souffrant elle-même de troubles dyslexiques, s’est spécialisée dans les questions de santé. Elle est notamment l’auteure en 2021 d’un texte visant à traduire les promesses non financières du fameux « Ségur de la Santé ». L’une des mesures phares est le plafonnement de la rémunération des médecins intérimaires.
Deux ans plus tard, elle porte une seconde proposition de loi modifiant l’accès à certains professionnels, et élargissant les compétences de plusieurs secteurs paramédicaux. Le but ? Permettre aux patients, par exemple, de se rendre chez un kinésithérapeute ou un orthophoniste sans voir son médecin traitant au préalable. Autant d’enjeux particulièrement délicats, voire éruptifs dans le monde de la santé. Stéphanie Rist doit alors ferrailler durement avec les médecins généralistes, remontés contre cette « dérégulation dangereuse du système », vécue comme une « déclaration de guerre ».
Surtout, la députée n’hésite pas à endosser la très impopulaire réforme des retraites d’Élisabeth Borne, en 2023, à l’Assemblée nationale, comme rapporteure du budget de la sécurité sociale. Avec Olivier Dussopt, le ministre du Travail, elle est alors une défenseure acharnée de ce texte aujourd’hui suspendu.
« Sur la gestion de la crise, elle est parfaite »
Trois ans plus tard, la voilà dans une tout autre bataille, bien plus consensuelle. Elle doit essayer d’apaiser les inquiétudes liées au hantavirus, sans donner l’impression de minimiser la situation, au risque de reproduire le schéma erratique qui avait contribué à décrédibiliser l’action de l’exécutif au début de l’épidémie de Covid-19. « Il faut aller dans les médias pour expliquer ce qui se passe avec le maximum de transparence. Mais l’objectif n’est pas d’être dans les médias pour être dans les médias », résume-t-elle auprès de franceinfo.
Ainsi, l’action de la ministre de la Santé, comme la proactivité du chef du gouvernement Sébastien Lecornu, est plutôt saluée par les parlementaires et les professionnels de santé. « On sent que c’est le Premier ministre qui a pris les choses en main avec elle. Mais sur la gestion de la crise, elle est parfaite », salue par exemple Jérôme Marty, le président de l’Union française pour la médecine libre, dans les colonnes du Parisien, d’ordinaire bien plus critique à l’égard des autorités politiques.
Le Rassemblement national a bien tenté de lancer un début de controverse sur les stocks de masques, quand Marine Le Pen s’est indignée mercredi d’une phrase prononcée la veille par Stéphanie Rist. Celle dernière avait indiqué en conférence de presse que la reconstitution des réserves était en cours. Mais la ministre a pris soin de déminer le sujet quelques heures plus tard devant les députés.
La France dispose d’un stock de masques pour faire face à une éventuelle épidémie pendant « minimum trois mois », a-t-elle indiqué, soulignant que les réserves sont « supérieures à la cible actée en sortie de Covid-19 ». De quoi tarir les critiques naissantes sur les questions de transparence, et éloigner pour l’instant les mauvais souvenirs. Une mission déjà réussie ?
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