Avec notre envoyée spéciale de retour de Gorom, Florence Miettaux
Une cinquantaine de femmes sont assises à l’ombre d’un arbre, serrées les unes contre les autres, à même le sol, juste à l’entrée du camp de Gorom au Soudan du Sud. Elles attendent la distribution mensuelle d’argent liquide, environ 10 dollars par personne. Une aide dont les bénéficiaires sont désormais scrupuleusement sélectionnés, tant les fonds manquent, nous explique Maker Deng, représentant du Haut commissariat des Nations unies (HCR) à Gorom.
« Nous faisons face à des problèmes pratiquement tous les jours, mais nous ne pouvons quasiment rien faire à cause des coupes budgétaires. Nous limitons notre assistance aux plus vulnérables ».
Coupes budgétaires aux effets catastrophiques
Depuis la coupe des financements humanitaires début 2025, tous les services du camp s’effondrent. Initialement conçue pour 400 élèves, l’école du camp en accueille aujourd’hui 4 000 et il n’y a pas d’argent pour payer assez d’enseignants. La santé est un autre secteur dévasté, selon Maker Deng.
« Des réfugiés meurent au centre de santé primaire de Gorom car nous ne pouvons pas les transférer à l’Hôpital universitaire de Juba. Les médecins qualifiés qui travaillaient ici à Gorom sont partis car les salaires sont maintenant trop bas. Le suivi anténatal n’est plus offert, et les accouchements qui avaient lieu ici ne sont plus possibles car il n’y a plus de sage-femmes. Les coupes budgétaires ont eu un impact terrible pour les réfugiés ».
Selon le responsable, le financement de l’autonomie économique des réfugiés, comme les micro-crédits ou les formations, a été entièrement stoppé. Ce qui pousse certains habitants de Gorom à s’aventurer dans les mines d’or artisanales du sud de Juba, des zones où leur sécurité n’est pas garantie.
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