Fragilisée depuis le casse du Louvre le 19 octobre dernier, Laurence des Cars a remis sa démission de la tête du musée mardi 24 février, démission qui a été acceptée. Sous le feu des critiques, la directrice du musée avait dû s’expliquer à plusieurs reprises sur la sécurité du Louvre et répondre à cette question lancinante: le spectaculaire cambriolage aurait-il pu être évité?
Dans ce contexte, et alors que les bijoux volés de la Couronne sont encore introuvables, BFMTV révèle en exclusivité le contenu d’un rapport qui avait pointé de manière très précise les failles de sécurité du Louvre, et ce longtemps avant le vol. Comme si tout le scénario du casse avait été écrit d’avance.
« Accessible sans réelle difficulté depuis l’extérieur »
Ce document, longtemps resté confidentiel, est un audit de sécurité réalisé par le joaillier Van Cleef & Arpels pour le compte du Louvre, six ans avant le fameux cambriolage du siècle. Via des photos et des schémas, le rapport met clairement en évidence les points de faiblesse de la galerie d’Apollon, allant jusqu’à indirectement détailler en légende un mode opératoire possible pour un cambriolage.
« La galerie d’Apollon est située au 1er étage. Elle donne directement sur la périphérie du musée: ses fenêtres, même si elles sont situées en hauteur, restent facilement accessibles », note par exemple l’audit de sécurité.
Des schémas surlignent également « un parapet » au niveau de l’étage donnant accès aux fenêtres, mais aussi un coin du bâtiment qui donne vers le fameux balcon de la galerie des joyaux de la Couronne. « C’est par cet accès et notamment la porte-fenêtre donnant sur les quais de Seine que le vol de l’épée de Parade de Charles X avait pu avoir lieu en 1976, après que la façade eut été escaladée », indique le document, soulignant déjà un gros point de vulnérabilité pour la sécurité du Louvre.
C’est à cet endroit exact que les cambrioleurs ont installé leur nacelle le 19 octobre dernier, afin de forcer la porte du balcon. Une porte-fenêtre que l’audit jugeait déjà il y a six ans comme « accessible sans réelle difficulté depuis l’extérieur alors que la vitrine se trouve à moins de 10 mètres de celle-ci ».
« De jour, (…) cette porte permettrait donc d’extraire des objets/bijoux de la salle en un temps record. »
« Plus qu’un dysfonctionnement, une erreur »
« L’audit de Van Cleef & Arpels identifie clairement le risque de cambriolage par intrusion comme un risque élevé », insiste à notre micro aujourd’hui le président de la commission culture du Sénat Laurent Lafon.
À l’époque, le musée avait procédé au changement des vitrines contenant les bijoux, mais les préconisations portant sur les extérieurs n’avaient, quant à elles, pas été prises en compte, selon Laurent Lafon. « Il y a des recommandations très faciles à mettre en œuvre, sur trois recommandations sur l’extérieur aucune n’a été mise en œuvre par la suite ». Et d’ajouter: « c’est plus qu’un dysfonctionnement. C’est une erreur. »
Interrogée par le Sénat sur cet audit, la désormais ex-présidente du Louvre avait affirmé n’avoir jamais eu connaissance du contenu de ce rapport avant le cambriolage.
Article original publié sur BFMTV.com













