“Avertissement : ce film parle de deuil, de mort et de clowns !” prévient Falter, un hebdomadaire autrichien. Devant ces ingrédients, dont le mélange pourrait laisser redouter le pire, le quotidien Kurier, publié à Vienne, pose la question : “A-t-on envie de voir ça au cinéma ?”
L’héroïne de Seule la vie, le nouveau long-métrage d’Adrian Goiginger, s’appelle Barbara (Valerie Pachner) et travaille comme clown pour enfants dans un hôpital de la région de Graz, dans le sud-est de l’Autriche. Elle est mariée avec Heli (Robert Stadlober), clown également. Ils ont deux enfants, Thimo et Fini.
Un jour, Heli, Thimo et Fini sont tués dans un accident de voiture. En allemand, le titre du film est Vier minus drei (“Quatre moins trois”). Il raconte la vie de Barbara après la tragédie.
Alors, a-t-on envie de voir ça au cinéma ? “Absolument”, répond Kurier à sa propre question. Car c’est “une renaissance aussi émouvante que grandiose” que met en scène le film, confirme l’hebdomadaire Die Furche.
Inspiré d’une histoire vraie
En Autriche, Seule la vie a dépassé les 75 000 entrées, un score rare pour un film autrichien. Ce succès n’étonne pas Der Standard, un autre quotidien national :
“Malgré sa thématique grave, Seule la vie est un beau film qui, comme l’histoire qu’il raconte, irradie d’espoir.”
Pour comprendre cet accueil réservé à Seule la vie en Autriche, il faut d’abord rappeler que l’intrigue s’inspire d’une histoire vraie, celle de Barbara Pachl-Eberhart, qui avait bouleversé le pays en 2008. L’accident de Heli, Thimo et Fini “avait provoqué une sorte de deuil collectif en Autriche, résume le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung à ses lecteurs. Dans une lettre, Barbara Pachl-Eberhart avait demandé à ses proches et à ses connaissances de la laisser vivre sa vie et de la laisser partager celle d’autres personnes [sans essayer de la protéger des éclats du quotidien]. Ce message avait ému les destinataires et la lettre avait fini par être rendue publique.”
En 2010, Barbara Pachl-Eberhart avait raconté son deuil dans un ouvrage intitulé Vier minus drei, et sous-titré Comment j’ai reconstruit ma vie après la perte de ma famille. Best-seller en Autriche, ce livre est resté inédit en français.
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