Avec notre correspondante à Dakar, Juliette Dubois
Le président avait donné rendez-vous aux militants de sa coalition dans son fief de Mbour, sa région natale. Et c’est aussi là qu’il avait tenu son meeting de clôture de campagne en 2024. Deux ans plus tard, le pari est réussi : plusieurs milliers de personnes, venues de la région mais aussi d’autres parties du pays, ont rempli le stade Caroline Faye pour réaffirmer leur soutien.
Mais sur place pas d’apparition de Bassirou Diomaye Faye. Ce dernier s’est contenté d’un message vidéo enregistré pour remercier les militants de leur présence et expliquer un déplacement de dernière minute. Sur scène, c’est donc son camp qui a parlé à sa place : à commencer par Serigne Gueye Diop, ministre de l’Industrie. « Je n’ai jamais vu en deux ans autant de résultats, assure le ministre. Nous tenons à vous dire que la coalition « Diomaye-président » est un levier pour bâtir ce Sénégal. C’est pourquoi en 2029, le président doit demander un autre mandat de 5 ans. Il n’y a jamais eu de président ici au Sénégal qui a fait un seul mandat, donc nous, les Sénégalais, nous voulons qu’il soit notre candidat en 2029 et qu’il gagne pour le développement du Sénégal. »
Les membres de sa coalition ont aussi défendu le bilan des deux premières années au pouvoir devant une foule venue de tout le pays pour témoigner son soutien, comme Mamadou Malick, de Matam, à l’est du Sénégal : « Nous sommes contents. Tout n’est pas parfait à 100%, mais il y a une satisfaction. Il y a des réalisations. Tout récemment, il y a l’autoroute qui mène vers Thiadiaye qui est déjà en phase d’autorisation. »
Prendre ses distances avec le Pastef
Au-delà du bilan, ce meeting permet aussi de marquer publiquement la distance entre Diomaye Faye et le parti Pastef, dont le Premier ministre Ousmane Sonko reste le chef. Le président a publiquement critiqué la trajectoire du Pastef, mis en garde contre ce qu’il appelle la « personnification du pouvoir », manière de prendre ses distances avec le parti qui l’a porté au palais. De son côté, Sonko a averti que ceux qui tenteraient de s’éloigner du Pastef « finiront par revenir réclamer leur place ». Et en réaction à une réforme du code électoral portée par les députés Pastef, qui ouvrirait la voie à une candidature du Premier ministre en 2029, Diomaye Faye avait déposé son propre contre-projet de loi.
Une rupture que certains jugent désormais inévitable, comme Anita Dieng Diaw : « Deux personnes ne peuvent pas diriger un pays. Il faut qu’il y ait quelqu’un à la tête et ensuite ses collaborateurs pour travailler. Mais si l’autre lorgne le fauteuil du président, ça va poser des problèmes. »
Avant 2029, les élections locales de 2027 se profilent. Elles pourraient marquer le premier duel entre le président et son Premier ministre.
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