Diego Maradona, en plus de ses addictions, souffrait d’un « trouble bipolaire » et d’un « trouble de la personnalité narcissique », a révélé jeudi 30 avril un psychologue, membre de l’équipe soignante jugée pour de potentielles négligences fatales dans leur accompagnement de la star.
Carlos Diaz, spécialiste en addictologie, était entendu pour la première fois au tribunal de San Isidro (près de Buenos Aires), où sept professionnels de santé (médecin, psychiatre, psychologue, infirmiers) sont jugés depuis deux semaines pour leur éventuelle responsabilité dans le décès en 2020 de l’icône du football argentin.
« Chez Maradona, il fallait traiter, en plus de l’addiction » à l’alcool et aux psychotropes, « un trouble bipolaire et un trouble de la personnalité narcissique. Trois affections chroniques (qui durent) toute la vie », a déclaré Carlos Diaz, disant avoir accompagné Maradona vers l’abstinence, au tout dernier mois de sa vie.
« Face à une frustration, il ne savait pas comment gérer »
C’est la première fois qu’est évoqué de telle manière publique, par un spécialiste, un diagnostic de pathologies mentales chez Maradona, dont les addictions étaient par contre connues, à la cocaïne et à l’alcool notamment. « On m’a expliqué que sa consommation était très liée à ses réussites sportives, et que face à une frustration, il ne savait pas comment gérer » la situation, a encore expliqué Carlos Diaz.
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Maradona, légende du football, champion du monde en 1986, est mort à 60 ans le 25 novembre 2020 d’une crise cardiorespiratoire couplée à un œdème pulmonaire, seul sur son lit d’une résidence louée pour une hospitalisation à domicile, convalescence d’une neurochirurgie sans complication.
Diaz, addictologue de 34 ans, a raconté avoir connu Maradona à peine un mois avant sa mort, soit fin octobre 2020, et décelé chez lui « un réel désir de changement » par rapport à ses addictions. Son seul rôle dans l’entourage de la star, a-t-il plaidé, a été alors de l’accompagner dans un programme visant l’abstinence, qui selon lui a fonctionné. « Maradona consommait tous les jours, et il a fini clean, après 23 jours sans consommer » de substances, a-t-il souligné. « L’examen toxicologique a montré cela ».
Au premier procès sur la mort de Maradona, qui avait été annulé en mai 2025 après récusation d’une juge, un médecin-légiste avait certifié qu’aucune trace de drogues ni d’alcool dans le sang de Maradona au moment de sa mort n’avait été révélée par les examens toxicologiques.
« On voulait tous le meilleur pour Maradona »
« On voulait tous le meilleur pour Maradona », a assuré Carlos Diaz, affirmant qu’il n’a « pas facturé un peso » pour son accompagnement de l’idole, dont le décès ne présentait aucun avantage potentiel pour lui, bien au contraire, « que des pertes ». Pertes « économiques, émotionnelles, surtout pour ma famille. Que des pertes, parce que ce qui me fait ressentir le plus d’impuissance, c’est que j’étais totalement convaincu que le patient voulait être clean, qu’il avait envie d’être sobre », a-t-il observé.
Les accusés au procès nient toute responsabilité dans le décès de Maradona, invoquant des causes naturelles. Ils se retranchent derrière leur spécialité, renvoyant de facto la responsabilité sur d’autres. Ils encourent entre 8 et 25 ans de prison.
L’audience de jeudi, émouvante, électrique par moments, a aussi vu Veronica Ojeda, l’ex-compagne et mère d’un fils de 13 ans de Maradona, Dieguito, osciller entre larmes et insultes lors de sa déposition. « Ces assassins, ces fils de pute », a-t-elle ainsi explosé, se tournant vers Carlos Diaz, justement, alors que venait d’être diffusé à l’audience un message audio de l’époque de la convalescence de Maradona, dans lequel le psychologue semblait la dénigrer. « Je comprends maintenant la manipulation qu’ils exerçaient sur toute la famille : à moi ils me disaient une chose et aux filles (aînées de Maradona) une autre, pour qu’on ne soit pas unis », a grondé Véronica Ojeda.
Le procès, à raison de deux audiences par semaine, pourrait s’étirer jusqu’en juillet.
Avec AFP











