dimanche, juillet 19

La ⁠finale de la ​Coupe du monde de football entre l’Espagne et l’Argentine, dimanche 19 juillet, à New York, opposera non seulement deux ​des meilleures équipes de la planète, mais aussi deux sélectionneurs à l’histoire commune: l’Argentin Lionel Scaloni, 48 ans, et l’Espagnol Luis de la Fuente, 65 ans, le premier ayant été l’élève de l’autre.

Leur rencontre remonte à l’année 2017. Lionel Scaloni est alors un ancien joueur qui a évolué pendant une dizaine d’années dans le championnat espagnol au sein des clubs du Deportivo La Corogne, du Racing Santander ou encore du RCD Majorque. Désireux de s’engager dans une carrière d’entraîneur, l’Argentin passe ses diplômes dans son pays d’adoption où il réside avec son épouse et ses enfants.

Comme le raconte le journal L’Équipe, il suit le cursus UEFA dispensé au sein de la Fédération espagnole à Las Rozas, le Clairefontaine de la Roja. L’un des formateurs n’est autre que Luis de la Fuente, lui aussi ancien joueur et sélectionneur de l’équipe d’Espagne des moins de 19 ans. Les deux hommes ont alors un coup de foudre amical.

« En plus de l’avoir eu comme professeur lors de mon cursus d’entraîneur, j’entretenais avec Luis une relation particulière parce que, franchement, j’apprécie sa proximité et sa façon d’être. Le destin a voulu qu’aujourd’hui nous nous retrouvions en finale », a ainsi raconté Lionel Scaloni après la demi-finale renversante contre l’Angleterre (2-1).

Interrogé lui aussi sur cette rencontre par le quotidien britannique The Guardian en juin dernier, Luis de la Fuente a aussi souligné les qualités de son futur adversaire : « On pourrait facilement dire aujourd’hui que Scaloni se démarquait, mais il est vrai que certains avaient quelque chose d’un peu différent. Il avait en lui cette agitation, cette façon de te mettre au défi : « Je ne vois pas ça comme ça. Scaloni débattait de tout, discutait de tout ».

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« Un grand entraîneur »

Cette formation qui a aussi été suivie, entre autre, par Montserrat Tomé, sélectionneuse de l’Espagne et finaliste de l’Euro 2025, Xavi Hernandez, champion de Liga en 2023, ou encore Xabi Alonso, vainqueur de la Bundesliga avec Leverkusen en 2024, semble avoir été profitable pour Lionel Scaloni. 

Malgré son maigre CV d’entraîneur, l’ex-défenseur a su transformer une équipe d’Argentine au moral abîmé, abonnée aux finales perdues, en une machine à gagner (Mondial-2022, Copa America 2021 et 2024). 

À son arrivée en 2018, l’ancien adjoint de Jorge Sampaoli n’a aucune expérience d’entraîneur principal en club et sa nomination, en intérim, fait lever quelques sourcils. « Un super gars mais il ne peut même pas diriger la circulation », lâche même l’icône nationale, Diego Maradona.

« Au départ, il a été assez critiqué, parce qu’il arrivait aussi avec peu de bagage, disaient certains, mais il a eu ‘la mauvaise fortune’ d’être champion d’Amérique et du monde avec l’Argentine », s’en amusait d’ailleurs son mentor De la Fuente durant l’Euro-2024. « C’est un grand entraîneur, une belle personne et un excellent gestionnaire de groupe. »

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Le renouveau de la Roja

Comme Scaloni, l’Espagnol a dû lutter pour dissiper les doutes entourant sa nomination à la tête de la Roja, après le Mondial-2022 et le départ de Luis Enrique. S’il était relativement méconnu du grand public, la fédération espagnole (RFEF) le connaissait en revanche par coeur.

Car cet homme au caractère affable, dont la seule expérience comme entraîneur principal a duré 11 matches (en D2 à Alaves en 2011), a en effet intégré dès 2013 les structures de la RFEF après avoir entraîné les équipes de jeunes du Séville FC et la réserve de l’Athletic Bilbao.

Les dirigeants ont eu le nez creux. Luis de la Fuente a remporté l’Euro avec les U19 en 2015, puis avec les Espoirs en 2019. De nombreux finalistes du Mondial figuraient d’ailleurs dans cette dernière équipe, à l’instar de Fabian Ruiz, Dani Olmo, Mikel Oyarzabal ou encore Mikel Merino. Et tous ces joueurs étaient de l’aventure durant l’Euro-2024, remporté en finale contre l’Angleterre (2-1).

Il est donc celui qui a mis fin à une longue disette pour la Roja, sevrée de trophées depuis la génération dorée de l’incroyable triptyque Euro 2008-Mondial 2010-Euro 2012.

L’Espagnol, également vainqueur de la Ligue des nations en 2023, va affronter Scaloni pour la première fois, dimanche. Les deux hommes auraient dû se faire face durant la « Finalissima », le duel entre les vainqueurs de l’Euro et de la Copa America, en mars à Doha, mais la rencontre a été annulée à cause de la guerre au Moyen-Orient.

« Il a dirigé sa sélection de manière remarquable, cela me fait vraiment plaisir pour lui », a déclaré mercredi l’Argentin, déjà tourné vers la finale. « Tout le monde sait que je vis en Espagne et que j’ai de la famille espagnole. Mais dimanche, désolé, nous allons tout faire pour les battre ! »

Les sentiments attendront donc. Le maître et l’élève vont se battre pour le trophée plus prestigieux du football mondial.

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Avec AFP et Reuters

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