mercredi, juin 3

  • Des drones ukrainiens ont touché des sites énergétiques et militaires à Saint-Pétersbourg mercredi 3 juin.
  • Cette attaque n’est pas isolée : depuis un an, Kiev multiplie les frappes en profondeur sur le sol russe.

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Ukraine : la guerre entre dans sa 5ᵉ année

Un camouflet pour le Kremlin. L’armée ukrainienne a ciblé ce mercredi Saint Pétersbourg, où quelque 20.000 personnes de 130 pays participent au Forum économique international (SPIEF). En attendant l’ouverture du « Davos russe », les invités ont pu assister à des frappes de drones sur plusieurs infrastructures énergétiques, provoquant d’immenses panaches de fumée. Comme un air de déjà-vu dans l’ancienne capitale impériale mais aussi dans plusieurs villes en Russie qui, ces derniers mois, ont subi les incursions ukrainiennes.

Cette fois-ci, c’est le terminal pétrolier de Saint-Pétersbourg et la base militaire Kronstadt dans la ville qui ont été ciblés, selon Volodymyr Zelensky. Il s’agit de la dernière d’une série d’attaques de représailles que Kiev qualifie de « sanctions à longue portée« . Et pour cause : la distance entre la ville ciblée et la frontière ukrainienne est d’environ 1.300 km. Une distance qui n’effraie plus Kiev. 

Mi-mai, quelque 600 drones avaient été utilisés lors de l’une des plus importantes frappes ukrainiennes de longue portée depuis le début de l’invasion en 2022. Selon Kiev, ces attaques avaient visé en priorité l’industrie de défense et les installations pétrolières russes, et ce dans un rayon de 800 à 1.000 kilomètres de l’Ukraine. En octobre dernier, l’armée avait par ailleurs battu un record en ciblant un site industriel à Tioumen, en Sibérie, situé à plus de 1.800 kilomètres de la frontière entre les deux pays.

En juin 2025, l’état-major ukrainien avait également revendiqué des frappes sur la base aérienne russe d’Engels, dans la région de Saratov, ainsi que celle de Diaguilevo, dans la région de Riazan, au sud de Moscou. Mais le plus gros fait d’armes demeure l’attaque massive du 1ᵉʳ juin 2025.

L’Ukraine a en effet infligé des pertes colossales à l’aviation militaire russe sur plusieurs aérodromes, jusqu’à des milliers de kilomètres de ses frontières. Pendant une opération complexe, des drones explosifs ont été introduits clandestinement à bord de camions. Bilan : 41 appareils détruits, essentiellement des bombardiers stratégiques à long rayon d’action Tu-95 et Tu-22. Ces avions de l’ère soviétique étaient utilisés pour tirer des missiles de croisière lancés contre l’Ukraine. Selon Kiev, il s’agissait d’environ un tiers de la flotte russe.

Contrairement à ce que prétend Moscou, Kiev hésiterait néanmoins à mener des opérations plus symboliques. En décembre dernier, la Russie avait accusé son ennemi d’avoir visé avec 91 drones une résidence de Vladimir Poutine située à Valdaï, entre la capitale et Saint-Pétersbourg. L’Ukraine avait aussitôt démenti, pointé une absence de preuve et soutenu que son adversaire cherchait par ce biais à justifier un blocage des négociations pour trouver une issue au conflit. L’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW), qui documente les combats entre les deux camps, avait également mis en doute la véracité de cette attaque. 

T.G.

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