Le Royaume-Uni garantira la continuité de sa politique étrangère lorsqu’un nouveau dirigeant travailliste et Premier ministre sera nommé, a déclaré le vice-Premier ministre David Lammy à Europe Today, après que le Premier ministre sortant Keir Starmer a assuré une « transition ordonnée » vers un nouveau gouvernement travailliste.
« Il n’est absolument pas question de modifier notre politique étrangère », a affirmé Lammy dans un entretien accordé en marge de la Conférence sur la reconstruction de l’Ukraine à Gdańsk, en Pologne, où le Royaume-Uni s’est engagé à verser 290 millions de livres supplémentaires (340 millions d’euros) pour soutenir la reconstruction de l’Ukraine et sa sécurité énergétique.
« Nous sommes restés engagés aux côtés de l’Ukraine à travers les gouvernements successifs, et cela va continuer », a-t-il ajouté. « Et nous avons été parfaitement clairs : nous renouons avec la communauté internationale, nous relançons notre relation avec l’Europe, tout cela se poursuit. »
Une transition en bon ordre
Keir Starmer a présenté lundi le calendrier de sa démission, sur fond de pressions croissantes au sein du Parti travailliste pour un changement de direction, alors que la formation perd du terrain au profit de Reform UK, le parti d’extrême droite de Nigel Farage, désormais en tête des sondages.
L’ancien maire du Grand Manchester, Andy Burnham, est actuellement pressenti pour briguer le poste sans opposition et pourrait entrer en fonctions dès le 17 juillet. Starmer lui aurait d’ores et déjà permis de recevoir des briefings gouvernementaux afin de garantir une transition en douceur.
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David Lammy, qui a été ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni jusqu’en septembre dernier, était un fidèle de Starmer mais a assuré que Burnham bénéficierait de son « plein soutien ».
On s’attend largement à ce qu’un gouvernement Burnham maintienne les grands axes de la politique étrangère de Starmer, notamment le renforcement des liens commerciaux et économiques avec l’Union européenne afin de lever les obstacles à la coopération créés par le référendum sur le Brexit.
Le sommet UE-Royaume-Uni prévu le 22 juillet, au cours duquel les deux parties devaient conclure des accords sur les importations agroalimentaires, le marché du carbone et la mobilité des jeunes, a désormais été reporté en raison de la transition politique en cours à Londres.
Le moment de « maintenir l’Ukraine dans le combat »
David Lammy a déclaré à Europe Today qu’il s’attendait à ce que l’élan en faveur de l’Ukraine se prolonge lors du sommet de l’OTAN prévu à Ankara les 7 et 8 juillet, après un rare moment d’unité transatlantique sur l’Ukraine lors du sommet du G7 qui s’est tenu la semaine dernière en France.
Un communiqué conjoint sur l’Ukraine approuvé par tous les dirigeants du G7, dont le président américain Donald Trump, a ravivé l’espoir en Europe que Washington consolide son soutien à Kyiv et accentue la pression sur Moscou.
« Je pense que, dans les prochaines semaines, nous verrons au sein de l’OTAN que les États-Unis constatent que les Européens montent en puissance en ce qui concerne nos engagements en matière de défense et nos dépenses à travers l’Europe », a estimé Lammy.
Mais la frustration de Donald Trump à l’égard de ses alliés européens, réticents à lui venir en aide en Iran et dont beaucoup ont refusé aux États-Unis l’utilisation de leurs bases militaires, alimente les craintes d’un désengagement américain en Ukraine par mesure de représailles.
Lammy a toutefois appelé à reconnaître que des bases européennes, y compris au Royaume-Uni, ont été utilisées pour « soutenir les efforts dans le détroit d’Ormuz ». Il a également salué le travail de Starmer et du président français Emmanuel Macron pour mettre sur pied la Coalition of the Willing, un groupe d’alliés qui se prépare à déminer le détroit d’Ormuz et à y garantir la liberté de navigation une fois qu’un accord de paix permanent aura été conclu.
« Pour toutes ces raisons, je m’attends à un sommet de l’OTAN réussi », a-t-il déclaré.
Il a également promis de continuer à sanctionner l’économie russe en « s’attaquant (…) à l’argent russe sale qui finance cette guerre », estimant qu’il s’agit du « moment de maintenir l’Ukraine dans le combat ».
Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans le lecteur vidéo ci-dessus.
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